‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 204 sur 318 · II. — L’AUTEL PRIMITIF · texte numérisé non relu

II. — L’AUTEL PRIMITIF

Il est sûr qu’aux premiers siècles on se servait souvent pour la messe de simples tables de bois, ayant la forme des tables destinées aux repas. On le voit par exemple dans les peintures des catacombes, où la table eucharistique est toujours cette sorte de guéridon à trois pieds, qui était usuelle chez les anciens!. Aussi le terme fréquemment employé dans les temps primitifs et qui s’est maintenu dans les liturgies grecques, est celui de Toanef, mensa, quelquefois toanela Kuotou, mensa Domim?.

C’est le grand argument qu’on met en avant pour dire que l’idée d’un autel permanent, sanctifié une fois pour toutes par le sacrifice, n’existait pas alors, la table eucharistique retournant après la liturgie à son usage profane.

Mais remarquons d’abord que le mot toamelx n’est pas le seul employé primitivement : on connaît également le terme fuorastiotoy3. Saint Paul assimile le Gustaotnptoy de l’Ancienne Loi à la mensa Domini“. Le même terme se retrouve constamment dans l’Apocalypse, d’où l’on peut conclure qu’à la fin du I‘ siècle le terme était d’usage constant dans la langue chrétienne. De fait, saint Ignace d’Antioche l’emploie plusieurs fois, soit dans le sens de la communion chrétienne : Nisi quis intra altare sit privetur pane Dei’, soit pour désigner le lieu authentique du saint sacrifice : Studeatis una eucharistia ut: : una enim est caro Domini, et unus calix,

1. Dictionnaire d’archéologie et de liturgie, de Dom CABROL, t. I, fig. 172, 1123.

2. I Cor., X, 21. — SAINT AUGUSTIN, Serm. XXI, 5, in psalm. LXIII. — Cf. BRAUN, S. J., Der christliche Altar, I, p. 25 et suivantes.

3. Employé couramment par les Septante pour désigner l’autel des Juifs.

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