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LES AUTELS ANCIENS

super mensam Dominicam ». Il faut se rappeler également PApocalypse (vi, 9) : Vidi subtus altare animas interfectorum propter Verbum Dei, qui a une relation évidente avec la coutume chrétienne, soit qu’il l’atteste déjà, soit qu’il en soit l’origine.

Les débris de l’antique autel de bois que l’on conserve dans l’autel de Saint-Jean-de-Latran confirment à leur manière cet usage du saint sacrifice offert sous la voûte abritant les sarcophages. Ce sont les restes d’une sorte de niche qui devait reproduire assez exactement l’arcosolium des catacombes.

Il résulte de tout cela qu’on ne peut sans témérité affirmer qu’avant le milieu du IIIe siècle les chrétiens n’ont pas eu l'idée que l’autel était un objet sacré, séparé désormais de l’usage profane. Sans doute les auteurs anciens parlent surtout de l’autel au moment du saint sacrifice !, mais le passage cité plus haut de saint Ignace d’Antioche aux Philadelphiens ne peut s’expliquer si l’autel chrétien ne possède déjà une signification symbolique, celle de l’unité, comme l’eucharistie elle-même.

Il y a encore il est vrai l’argument tiré de la déclaration bien connue de Minucius Félix au IIIe siècle : Delubra et aras non habemus ?. De même Origène * semble concéder aux païens que les chrétiens n’ont d’autres temples ni d’autres autels que leurs cœurs, temples du vrai Dieu. Mais le but de ces auteurs, très visible en particulier chez Origène, est de souligner la différence entre les cultes grossiers et sanguinaires des païens et le christianisme qui répudie les sacrifices sanglants et les autels couverts de victimes, «inondés de graisse et de sang ». On ne peut donc rien conclure de ces textes contre l'existence des autels chrétiens.

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