‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 208 sur 318 · III. — L’AUTEL DES BASILIQUES · texte numérisé non relu

III. — L’AUTEL DES BASILIQUES

A l’époque des persécutions on employa, comme nous venons de le voir, des autels de bois et des pierres funéraires. Le Liber pontificalis attribue avec plus ou moins de raison au pape saint Sylvestre (314-335) la suppression des autels de bois en faveur des autels de pierre. Cependant saint Optat de Milève parle encore d’autels de bois brûlés par les Donatistes !, L’idée d’employer de préférence la pierre vint très probablement de l’usage qu’on faisait des pierres tombales, ainsi qu’il a été dit plus haut. En tout cas, on en vint à la coutume de construire des autels séparés ayant, soit la forme d’un cube ou d’une table, comme c’est encore la coutume en Orient, soit les dimensions oblongues d’une tombe : c’est la forme qui a prévalu en Occident ?.

On désignait sous le nom de confession, ou de crypte, le caveau où se déposaient les reliques. On pouvait y accéder par des escaliers ou simplement par des ouvertures pratiquées sous l’autel lorsqu’il n’y avait pas de crypte proprement dite. Quelquefois le coffre des reliques était enfermé dans l’autel même, dont le devant était alors ajouré : ainsi l’autel de la basilique de Saint-Alexandre à Rome. C’est ce qu’on appelait la fenestella confessionis*. Enfin de bonne heure apparaît l'usage d’enfermer les reliques, généralement peu considérables, dans les pierres d’autel, en des cavités plus ou moins profondes anciennement appelées sepulcri loculus.

I. SAINT OPTAT, De schismate Donat., VI, I. — SAINT AUGUSTIN, Epist. CLXXXV, 27.

2. R. DE LASTEYRIE, L'architecture relig. en France à l’époque romane, Paris, 1912, ch. Il.

3. Dict. d’arch. et de lit, 1, fig. 1129. — GRÉGOIRE DE TOURS, De gloria martyrum, 28, à propos de la confessio de St-Pierre du Vatican. Cf. DUCHESNE, Le Liber pontificalis, t. I, p. 194. — R. DE LASTEYRIE, Op. Cil.s P. 95-I0I.

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