‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 21 sur 318 · II. — L'IMPOSITION DES MAINS · texte numérisé non relu

II. — L'IMPOSITION DES MAINS

Dans toute l’antiquité chrétienne le rite officiel et universel de l’ordination des évêques est l’imposition des mains. Le témoignage formel de saint Paul au sujet de l’ordination épiscopale de son disciple Timothée montre bien que l’imposition des mains était d’un usage constant dès l’époque apostolique pour la transmission des pouvoirs d’ordre. Saint Paul ajoute à la mention du rite liturgique celle du charisme reçu : « Ne néglige point, écrit-il à son disciple, la grâce qui est en toi, qui t’a été donnée par les prophéties avec limposition des mains du presbyterium. » Et une seconde fois, au même Timothée : « Je t’invite à raviver la grâce de Dieu qui est en toi par l’imposition de mes mains!.» Les deux textes sont parallèles ; la différence porte sur la question des ministres de l’ordination épiscopale, le presbyterium d’une part, c’est-à-dire l’Apôtre entouré des membres de la hiérarchie, et d’autre part, l’Apôtre seul comme ministre principal de la consécration.

Il y a donc à considérer :

le rite de l’imposition des mains ; sa forme traditionnelle ; les ministres qui l’accomplissent.

1. Î Tim., 1, 14 5 II Tim., 1, 6. — J. CoPPENS, L’imposition des mains et les rites connexes dans le Nouveau Testament et dans l’Église ancienne. III, ch. 1, 4: L’ordination de Timothée, p. 133-140.

Dans la manière de concevoir l’ordination des évêques et d’assurer cette transmission de l’ordre dont parle saint Clément à la fin du Ier siècle, les traditions des différentes Églises se sont strictement conformées aux données primitives contenues dans le Nouveau Testament ; partout le rite essentiel de l’imposition des mains s’est maintenu, avec quelques particularités secondaires qui n’en altèrent aucunement la portée et la signification.

Il faut avouer qu’il a peu d’attestations dans les écrits des Pères des premiers siècles qui n’ont pas eu l’occasion d’en traiter explicitement !, Mais le témoignage des anciennes collections canoniques compense amplement ce silence ; il est tellement constant que l’on peut sans témérité en conclure que l’usage s’en était transmis sans interruption depuis les temps apostoliques.

La Didascalie des Apôtres ? d’une part, et d’autre part la Tradition apostolique du romain Hippolyte ne laissent aucun doute. Même attestation dans les documents dérivés de la Tradition et de la Didascalie, Constitutions apostoliques, Canons d’Hippolyte et Testament de Notre-Seigneur. Les Églises orientales d'Égypte et de Syrie ont conservé fidèlement les usages attestés par ces documents primitifs, rite principal de l’imposition des mains et formules.

Ce rite d’origine apostolique était d’un emploi si universel et si manifeste que les écrivains n’ont pas toujours cru devoir le mentionner explicitement, quand ils parlaient de l’ordination épiscopale. C’est ainsi que saint Cyprien qui la nomme dans une de ses lettres , n’en dit pas un mot dans sa des-

1. CARDINAL VAN ROSSUM, De essentia sacramenti Ordinis, Fribourg, 1914, p. 61-62.

2. FUNK, Didascalia et Constitutiones apostolorum, t. 1, p. 34: (Episcopus) probetur cum manus impositionem accepit et SIC ordinetur in episcopatum. (Didasc., IL, 3.)

3. SAINT CYPRIEN, Epist. LXVIII, ad clerum Hispaniae, édit. HARTEL, Corp. Script. Lat. Vind. It, p. 744 : Cyprianus Stephano fratri.

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