LES ASPERSIONS D'EAU BÉNITE
ici de temples païens dont la purification s’imposait nécessairement, et que dans les autres passages de sa correspondance où il traite de dédicaces d’église il ne mentionne jamais l’eau bénite. Quoi qu’il en soit on peut considérer comme vraisemblabie l’existence de ce rite préparatoire dans l’ancienne liturgie romaine, bien que le sacramentaire d’Hadrien ne contienne aucune formule spéciale de bénédiction pour cette eau lustrale : c’est qu’on se servait, ainsi que l’attestent les plus anciens Ordines roman et notre Pontifical lui-même, de la formule ordinaire de la bénédiction de l’eau déjà connue à Rome au VIS siècle : Deus qui ad salutem.… maxima quæque sacramenta… ut quidquid in domibus vel in locis fidelium hæc unda resperserit…. 1
L’aspersion d’eau lustrale est destinée à disposer l'édifice à sa consécration ; c’est le rite préparatoire par excellence ; mais dans les usages actuels ce n’est pas le seul. Cette préparation a toujours paru fort importante, elle constitue la première des deux parties qui se retrouvent déjà dans les plus anciens formulaires, sans en excepter probablement le rituel romain du VIE siècle pour la raison indiquée plus haut :
les prières et cérémonies de préparation en vue de la dédicace ;
les prières et cérémonies constituant la consécration ellemême. Les grandes divisions de ces deux parties de la fonction sont les suivantes.
La préparation comprend la supplication solennelle ; puis
11, 331. — C’est en souvenir de cette prescription que l’eau bénite, qui sert à la purification de l’église avant sa consécration, a reçu le nom d’eau grégorienne. L'usage de l’eau bénite à la dédicace est attesté aussi par la vie de saint Colomban, contemporain de saint Grégoire. Cf. aussi Vita S. Gall, I, 6, Mon. Germ., Script. Merov., IV, 289.
1. Sacramentaires gélasiens et grégoriens. — Cf. Dict. d’arch. et de lit, s. v. Bénédiction de l’eau.
une première bénédiction d’eau en vue de la première purification tout extérieure de l’édifice à consacrer ; ensuite la prise de possession au nom du Seigneur, symbolisée par l’inscription de l'alphabet sur le sol de la basilique. Une seconde purification du temple suit immédiatement, accompagnée de sa bénédiction d’eau ; elle est plus solennelle et surtout plus intime que la première ; il s’agit de l’intérieur, autel, pourtour de l’autel, murs de l’église et enfin pavé de l’église : c’est une lustration complète préalable à la consécration.
Cette longue préparation fait mieux ressortir d’avance le caractère solennel de la dédicace proprement dite ; celle-ci débutera par la translation des reliques et leur déposition dans l’autel ; le sépulcre une fois scellé on procédera aux onctions de l’autel : c’est aujourd’hui le moment le plus solennel de la cérémonie : encensement, double onction de la table d’autel avec l’huile des catéchumènes, onction de chrême et enfin onction générale d’huile et de chrême mêlés ; ensuite onctions de l’église avec le chrême, caractérisées par l’onction et l’encensement des douze croix marquées sur les murailles ; la sanctification totale ainsi achevée on revêtira l’autel des ornements destinés au saint sacrifice et préalablement bénis, et le rite de la consécration se parachèvera dans l’oblation du sacrifice de la messe.