III. — LES RELIQUES DES SAINTS
La translation et la reposition des reliques se font suite dans l’usage actuel. Signalons seulement pour mémoire la coutume attestée jadis 1 de célébrer la translation au début même de la fonction avant les lustrations préparatoires. Elle a cependant son intérêt puisqu’elle nous reporte à l’antique usage romain où la lustration, très simple du reste, n’apparaissait que comme une courte interruption dans le cérémonial funéraire des reliques. Mais depuis le X£ siècle les rites préparatoires des lustrations ayant pris les développements que nous savons, il est plus logique d’attendre jusqu’à ce moment pour faire la translation solennelle des reliques.
Ce que les documents anciens nous apprennent de cette cérémonie doit empêcher de la considérer, ainsi qu’on le fait quelquefois, comme une sorte d’intermède entre la préparation et la consécration. Toute la tradition nous apprend le caractère triomphal qu’on lui donnait aux âges de foi. Une fête de dédicace était avant tout une fête pour les martyrs ; c’est ce qu’exprime encore particulièrement l’antienne Exsultabunt sancti in gloria, lætabuntur in cubilibus suis mentionnée déjà dans les documents carolingiens ?.
La pensée du repos et du bonheur éternels assurés aux élus,
1. Ordines romani de Vérone et de Zürich, et encore ceux d’Hittorp, op. cit.