LA PATÈNE ET LÉ CALICE
rien d’Hadrien. Le rit romain ancien devait considérer comme bénits les vases sacrés, par le fait même qu’ils avaient servi au saint sacrifice, comme on le fit longtemps pour l’autel lui-même ; on ne songeait pas à l’utilité d’une onction, destinée à les rendre dignes du rôle qu’ils avaient à remplir.
Il n’en faudrait pas conclure que l’usage des vases sacrés fût inconnu à Rome. Il est né avec l’institution et la première célébration du saint sacrifice. Sans la patène et le calice le sacrifice chrétien est impossible. Les évangélistes mentionnent à propos de la Cène la paropsis!, ou catinum ?, Tù TpUBluov, et le roriouov, calix ; et à propos des Pharisiens, saint Matthieu parle également du rorrotov et de la rapodis 3. Ce sont les noms dont on se servait dans la langue profane, pour désigner le vase à boire, la coupe, xÿA1£, dont on a fait calix, terme consacré plus tard dans la liturgie, et le plat où l’on servait les mets (xzo"0Vov, obsonium, les mets, par extension le plat lui-même) ; les Romains employaient aussi dans le même sens paténa ou pdtina, quod patet, dont on a fait le terme liturgique de patène.
L'usage que l’on fit de ces termes usuels tendrait à prouver déjà qu’on se servit à l’origine, pour la célébration du repas eucharistique à la suite des agapes, des vases employés pour les repas profanes. De fait, les monuments anciens attestent qu’il n’y avait pas de différences essentielles dans la forme des « calices ». Celui de la fractio panis est un gobelet muni de deux anses ; telles autres fresques des catacombes présentent la coupe basse, à larges bords, montée sur un pied, munie ou non de deux anses ; les coupes plus étroites et plus élancées montées sur pied, et correspondant à la forme qui a prévalu depuis, sont également connues : toutes formes que les monuments anciens attestent avoir été celles des vases à boire ordinaires.