SAINT DENYS, De la Miérarchie ecclésiastique, c. V
Le Pontifical romain, — II 3
C’est comme docteur que le pontife exerce son droit d’enseigner et d'interpréter authentiquement la doctrine de l'Église : il est membre de droit des grandes réunions conciliaires.
Le Pasteur a tout ce qu’il faut pour conduire le troupeau qui lui est confié, et lui fournir la nourriture spirituelle des sacrements. Il a tous les pouvoirs de sanctification ; et c’est son pouvoir pontifical qui passe aux ordres sacrés pour accomplir les mystères. Il s’en remet à ses prêtres du soin de conférer les sacrements. Mais certains rites plus importants et plus solennels sont restés le privilège exclusif de sa dignité épiscopale : il est et demeure le ministre ordinaire de la confirmation et des ordinations, des bénédictions et consécrations d’abbés, d’abbesses et de vierges, des consécrations et dédicaces d’autels et d’églises, et de la bénédiction des saintes huiles. C’est de droit commun dans la tradition chrétienne et il se trouve que saint Denys, dans son traité célèbre !, a parfaitement caractérisé cette discipline reconnue en Orient aussi bien qu’en Occident. « La loi divine, dit-il, réserve au pontife, à l’exclusion des autres ordres de la hiérarchie, certaines fonctions plus sacrées qu’il doit remplir par lui-même, et qui sont comme d’augustes images de l'efficacité divine d’où les sacrements reçoivent tous leur perfection. Car quoique le prêtre puisse conférer quelquesuns de nos vénérables sacrements, néanmoins il ne saurait donner celui de la régénération sans le saint chrême (béni par l’évêque), ni célébrer la divine eucharistie qu’en posant les saintes espèces sur un autel consacré. Et même il ne sera prêtre qu’autant que les initiations du chef de la hiérarchie lPauront élevé à cette dignité. C’est pourquoi la loi divine
1. De la hiérarchie ecclésiastique, c. V, 5. — S. Denys ne réserve pas spécialement la confirmation à l’évêque, parce qu’en Orient, depuis fort longtemps, l’usage s’est introduit de permettre aux prêtres de faire «l’onction de saint chrême. »
attribue exclusivement au pouvoir parfait des pontifes la consécration des divers rangs de la hiérarchie, la confection de l’huile sainte et la consécration des autels. »
Toutes ces fonctions sont consignées au Pontifical, elles feront l’objet des études suivantes. Les autres rites sacramentels, consécrations et bénédictions, constituent le Rituel, qui demande son commentaire à part.