SYMBOLE DE L’EXHALATION
du baume et de l’huile. Elle vient, nous le savons, de l’Ordo romanus vulgatus, sur lequel Durand de Mende a cru bon de renchérir, en ajoutant les deux prières pour la bénédiction du baume usitées au moyen âge dans quelques églises françaises.
Le rite mystérieux de l’exhalation marque vraiment le début de la consécration. On le trouve mentionné dans les Ordines romani authentiques.
Exhalat in eam pontifex tribus vicibus et faciens crucem super eam dicendo : in nomine Patris, et Fil, et Spiritus Sancti.
L’Ordo romain Ier emploie les deux termes halare et insuffiare ; nous n’avons conservé que le premier. La participation ou concélébration des prêtres est ici bien marquée, elle est d’usage romain, au moins à partir du X® siècle. Elle n’était pas primitive ; elle se trouve avoir remplacé la concélébration usitée jadis pour l’huile des infirmes. Tunc
pontifex halet ter 1n illam ; halent etiam in ipsam omnes episcopi qui assistunt tb: et presbytert cardinales et dicant sine cantu, Exorcizo te. Deinde dicit excelsa voce, episcopi et presbyteri dicant submisse, Per omnia sæcula...1
Dans l’idée des anciens, ce rite de l’exhalation, emprunté, semble-t-il, au rituel baptismal, symbolisait comme dans ce rituel l’expulsion du démon, et par conséquent tenait lieu d’exorcisme. Actuellement du reste, une formule d’exorcisme tirée de l’Ordo ad succurrendum infirmum du gélasien, est adjointe au rite de l’exhalation.
A l’exorcisme succède la consécration ; c’est l’ordre normal, observé pour la benedictio fontis. Et la consécration adopte franchement ia forme de préface eucharistique aussi bien dans les documents anciens que dans les plus récents. Cette préface se termine ici par une formule Te igitur suivie de la demande, comme dans le canon romain.