‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 39 sur 318 · TH. SCHERMANN, Ein Weiherituale d. rom. Kirche, p · texte numérisé non relu

TH. SCHERMANN, Ein Weiherituale d. rom. Kirche, p

dès les origines le baiser de paix marquait l'entrée du nouveau baptisé dans la famille chrétienne comme aussi celle des nouveaux prêtres dans le collège sacerdotal.

Il est impossible de ne pas rappeler le fait, impressionnant entre tous, que la première grande formule eucharistique, la prière solennelle qui représente une vraie anaphore, ou canon de la messe apostolique, figure, dans le plus vénérable document liturgique qui nous ait été conservé, à la suite de la consécration d’un évêque 1. Ce dispositif si intéressant de la Tradition apostolique de saint Hippolyte montre bien que l’on considérait le saint sacrifice de la messe comme appartenant de droit et d’une façon éminente à l’évêque chef unique et pasteur de l’Église particulière, à celui à qui sa consécration épiscopale conférait précisément le droit spécial « d'offrir », offerre dona sanctæ Ecclesiæ ?.

L'usage primitif accorde même au nouveau prélat consacré le privilège de célébrer, immédiatement, le saint sacrifice : car c’est à lui que les diacres apportent les oblata, il les dispose sur l’autel et leur imposant les mains il commence avec tout le presbyterium la prière eucharistique.

Sursum corda…. Gratias tibi referimus….

Le rit romain, attesté par les sacramentaires, réserve au contraire au prélat consécrateur le privilège de célébrer la messe, au cours de laquelle il ordonne le nouvel évêque, et de réciter pour lui des formules appropriées, collecte, secrète, Hanc igitur propre et postcommunion. Ces prières varient avec les recueils liturgiques ; nos formules actuelles figurent déjà les unes dans le léonien, les autres dans les gélasiens ou

1. C’est également l’ordre adopté dans les Constitutions apostoliques, 1. VIII, v-xu1 ; FUNK, Didascalia et Constit. apost., 1905, p. 476-519. 2. TH. SCHERMANN, loc. cit.

CONCÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE 53

le grégorien ; il en est une commune à tous qui s’est conservée

au canon de cette messe du sacre, c’est la prière Hanc igitur ;

elle contient un hommage à Dieu et une action de grâces :

Hanc igitur oblationem quam tibi offerimus pro illo

famulo tuo quem ad pontificalem gloriam promovere

dignatus es, quæsumus Domine placatus accipias, ut

quod divino munere consecutus est divinis effectibus exsequatur À.

Jusque vers le XIIIe siècle ces formules ne sont dites que par le consécrateur, les documents ne prévoient pas que le consacré ait à les réciter à part lui. Les Ordines roman: ne parlaient pas non plus de sa participation à la messe. Ce sont les Pontificaux de Durand de Mende et de ia chapelle papale qui ont établi l’usage de faire concélébrer le nouvel évêque avec son consécrateur. L’Ordo papal indique tous les détails de cette messe solennelle, depuis l’offrande des pains, des vases de vin et des cierges jusqu’à la communion ?, rites qui se sont conservés dans notre Pontifical.

Mais d’après le même Ordo des papes *, le cérémonial changeait du tout au tout, lorsqu’il s’agissait de la consécration épiscopale du Souverain Pontife et évêque de Rome. C’est l’antique usage attesté par la Tradition apostolique qui reprenait alors ses droits. Le Pontife nouvellement consacré était revêtu de tous les ornements, y compris le pallium qu’il recevait des mains de l’archidiacre comme signe de son autorité suprême. Privilège de l’évêque de Rome, il a été accordé ensuite aux archevêques et par exception et faveur spéciale à quelques évêques.

1. Sacramentatre léonien, FELTOE, p. 119, et autres recueils romains.

2. Ordo papal du man. Colb. 4160, aujourd’hui cod. lat. 1219 de la bibl. nat. à Paris. D. MARTÈNE, De ant. eccl. rit., I, VIIL, a. XI, ordo 17.

3. Déjà au IX® siècle comme on le voit dans l’Ordo rom. IX de Mabillon. P. L., LXXVIIT, 1006. Les Ordines XII, XIII et XIV indiquent les développements du même cérémonial, du X° au XIV® siècle.

La consécration du pape avait eu lieu après le Kyrie : aussitôt après, il entonnait lui-même le Gloria in excelsis et continuait seul la messe pontificale, le prélat consécrateur se contentant désormais de la fonction de cardinal prêtre assistant. Après la communion générale et la bénédiction avait lieu la cérémonie la plus solennelle du sacre de l’évêque de Rome, la seule qui ait survécu depuis l’époque où, contrairement à l’ancienne discipline, le Souverain Pontife a été choisi parmi les évêques : il s’agit du couronnement et de Pintronisation. Nous n’avons à signaler ce rite essentiellement romain que pour montrer l’influence qu’il a exercée sur la consécration des simples évêques en dehors de Rome.

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