SAINT LÉON, Epist. X, 6. P. L., LIV
d’un évêque, disait-il d’une façon encore plus explicite 1, il est logique que celui-là soit préposé à la direction de tous qui aura été désigné d’un commun accord par les clercs et le peuple», quem cleri plebisque consensus concorditer postularit.
C'était la discipline que, dès le IIIe siècle, le romain saint Hippolyte empruntait aux données primitives pour la consigner dans sa Tradition apostolique : on y trouve un écho des paroles de saint Clément dans son épître aux Corinthiens ?.
« C’est l’élu de la communauté tout entière qui est présenté à l’assemblée des évêques, et qui reçoit la consécration avec le consentement unanime d’eux tous . »
Les évêques de la province avaient en effet eux aussi leur mot à dire ; puis, le métropolitain sanctionnait le choix et lui donnait l’appui de son autorité avant même de conférer la consécration épiscopale. Mais les premiers consultés étaient les plus directement intéressés à la désignation de celui qui devenait pour eux le père de famille.
Au milieu de vicissitudes sans nombre et de difficultés souvent inextricables, le principe s’est transmis à travers les siècles et s’est maintenu longtemps dans les formules de la liturgie, assurant à l’autorité spirituelle le respect et l’obéissance qu’elle peut attendre de ceux qui ont coopéré à son choix. Ainsi l’ancien Ordo romain des ordinations 4, qui faisait loi au IX® siècle encore, continuait à prescrire que le candidat à l’épiscopat fût élu a sacerdotibus, clero et