II. — L’ÉLECTION DE L’ÉVÊQUE
Cette admirable conception de l’Église particulière, groupée autour de son chef dans l’union la plus intime, explique au mieux le principe qui présida dans les premiers temps à l’élection des évêques : leur choix intéressant au plus haut point la communauté chrétienne tout entière, c’est à elle qu’on s’en remettait du soin de désigner celui qu’elle désirait comme pasteur en remplacement d’un évêque décédé ; saint Benoît appliquera le même principe aux élections abbatiales. C’est saint Léon qui a interprété et traduit, avec sa netteté coutumière, l’axiome traditionnel que le droit ecclésiastique a conservé : qui præfuturus est omnibus, ab omnibus eligatur, « celui qui est appelé à commander à tous doit avoir le suffrage de tous 5. » — « Lorsqu’il est question de l’élection
1. Sacr. léonien, In nat. episc., II. FELTOE, p. 124. MS ACL IV: 32.