LA PROMESSE ET SA GARANTIE
orale qu’elle servait à authentiquer ; quelquefois au contraire elle la précédait, et dans ce cas la promesse mentionnait le document écrit !,
En tout cas la charte était la garantie du sérieux de la promesse : l’une et l’autre du reste avaient leurs témoins. La promesse étant faite à Dieu, on déclarait prononcer ses vœux coram Deo et angelis (ou sanctis) ejus, selon le précepte de saint Benoît. L’acte prenait au contraire pour garants de sa sincérité les Saints, patrons du monastère, ses familiers dont les reliques étaient ici présentes, et l'Abbé du lieu, ad nomen sanctorum quorum reliquiæ ibi sunt et abbatis præsentis?. « C’est pour que vous la considériez comme sérieuse, disait la formule de Smaragde, que je rédige ma pétition au nom de nos Saints et de notre Abbé. » On ne promettait pas à l’Abbé, mais à Dieu ; on prenait seulement l'Abbé à témoin, comme on faisait pour les actes de donation ; en sorte, remarquait un Traité de la profession, du XIIe siècle, qu’un Abbé ne peut jamais dire « mon profès. » C’est pour enlever tout doute à ce sujet qu’on ajoutait en certains endroits 2n præsentia totius congregationis *, in præsentia domni … abbatis hujus monasterii et monachorum ejusdem monasterii.
Nos formules modernes ont fondu ensemble les éléments anciens, la promesse orale et la pétition écrite, le coram Deo et le 2n præsentia domni abbatis. Le Pontifical romain exprime très exactement la façon dont se fait ainsi la profession religieuse : emittens professionem.… 1n charta scriptam quam in manibus tenet et legit. Le religieux lit la formule de ses vœux écrite sur sa charte et c’est cette formule même qu’il scelle du signe de la croix et de son nom. Selon le texte reçu généralement dans l’Ordre de saint Benoît, il émet sa pro-