I. — L'ANCIEN RITE
A la différence des trois degrés inférieurs qui n’ont laissé aucun souvenir dans le plus ancien Ordo romain concernant leurs ordinations, les acolytes et les sous-diacres y sont mentionnés, et des détails précis sont donnés sur la façon de les faire entrer dans leurs nouvelles fonctions. La cérémonie est d’une simplicité qui rappelle beaucoup le rite romain de l’ordination des lecteurs, tel qu’il a été analysé plus haut. De part et d’autre, il y a une tradition d’insigne ou de vase sacré, puis dans les deux cas la même formule déprécative,
qui porte bien son cachet romain, et reproduit presque textuellement celle des lecteurs.
Intercedente beata et gloriosa semperque sola virgine Maria et beato Petro apostolo, salvet et custodiat et protegat te Dominus ! « Par l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Marie, la seule toujours vierge, et du bienheureux Apôtre Pierre, daigne le Seigneur te bénir, te garder et te protéger 1. »
La formule s’inspire de la prière Libera nos qui suit l’oraison dominicale au canon de la messe. Elle ne constitue pas une réelle consécration du nouveau clerc, mais confère une simple bénédiction en vue du ministère qu’il doit remplir désormais dans les fonctions liturgiques.
Pour les acolytes, ce ministère liturgique a considérablement varié au cours des âges, ce qui explique la différence notable entre le rite ancien de leur ordination et celui qu’a conservé notre Pontifical. Dans l’ancienne liturgie romaine, les acolytes avaient déjà le privilège de porter les flambeaux dans les cortèges solennels ; mais, jusque vers le VIIIE siècle, ils eurent d’autres prérogatives dont les anciens cérémoniaux ont conservé le détail : toutes étaient en relation étroite avec la sainte eucharistie. Leur nom lui-même, emprunté à la langue grecque, dit bien ce qu’ils sont anciennement : les « suivants » et « assistants » des ministres sacrés dans les cérémonies de lautel et dans la dispensation des sacrements. Il leur en reste quelque chose, puisqu'ils ont toujours à répandre la lumière autour d’eux et qu’ils doivent éclairer la marche du prêtre et de ses ministres dans les processions. Les usages anciens les tenaient plus proches de la sainte eucharistie.
1. Cf. THALHOFER-EISENHOFER, Handbuch der katholischen Liturgik, 1912, 11, Ô 74, d : Le sous-diaconat et les ordres mineurs. L’Ordo publié récemment par M. ANDRIEU (cf. ch. précédent) est identique à l’Ordo romain VIII.