II. — LES ACOLYTES
Attributions des acolytes. — Le plus ancien Ordo de la messe romaine nous dit toutes leurs attributions dans la célébration de la liturgie pontificale !. Tout d’abord sept d’entre les acolytes des différentes régions de Rome portent les flambeaux en tête de la procession qui marque le début de la messe. À l’évangile deux porte-cierges accompagnent également le diacre. L’offrande des fidèles se fait à l’entrée du sanctuaire : les acolytes sont encore là pour aider diacres et sous-diacres à recueillir le pain et le vin, à les apporter à l’autel et à les préparer en vue du sacrifice — privilège qui leur appartient encore. Ce sont eux également qui ont dû préalablement étendre sur l’autel le sndon, le suaire blanc destiné à recevoir le corps du Sauveur, c’est-à-dire le corporal qui avait jadis la forme de notre nappe d’autel : noter que le Vendredi-saint ce sont encore les acolytes qui parent l’autel au début de la cérémonie.
Venu le moment du canon, la patène est jadis confiée à l’un des acolytes comme elle l’est maintenant au sous-diacre : et il n’est pas impossible que cette fonction soit en rapport direct avec une autre prérogative que leur reconnaît l’Ordo romain. Au commencement de la messe pontificale le cortège papal rencontrait un acolyte portant dans un vase sacré une hostie consacrée, réservée de la messe précédente : le pontife s’arrêtait, constatait la présence de la sainte réserve, lui rendait hommage et la faisait déposer sur l’autel. Peut-être primitivement l’acolyte qui l’avait apportée, la conservait-il durant toute la messe, jusqu’au moment où la sainte parcelle était mise par le diacre dans le calice.
C’est encore aux acolytes qu'était réservé l’honneur de
1. Ordo romanus I, édit. MABILLON, Musæum ITtalicum, t. Il; reproduit dans P. L., LxxvVIH. Cf. E. C. ATCHLEY, Ordo romanus primus, with Introduction and Notes, Londres, 1905.
recevoir à l'autel, les hosties consacrées, et de les porter aux évêques et aux prêtres assistants et concélébrants, afin de les faire participer à la fraction du pain en vue de la communion.
Dernier privilège enfin et de tout point analogue aux précédents : l’usage voulant que le pontife envoyât aux desservants des églises paroissiales de Rome, en signe d’union intime, une hostie consacrée à la messe, c’est encore aux acolytes, atteste le pape S. Innocent au VE siècle, qu’appartenait la charge de porter les saintes espèces ! ; ils faisaient de même pour les infirmes et les prisonniers que la nécessité retenait loin de l’Église, privilège qui, au Ile siècle, au témoignage de saint Justin, était réservé aux diacres.
Cette fonction, qui a valu au jeune saint Tarcisius la palme du martyre, motivait, dans l’ancien rite de l’ordination, la remise du vase sacré qui servait au transfert de la sainte eucharistie. Le texte du romain Jean diacre, au début du VIe siècle, parle des sacramentorum portanda vasa ?, et fait songer à des sortes de custodes ou de pixides. Dans les cérémoniaux anciens il n’est question au contraire que du sac de lin, bien net et bien blanc, qui est remis aux acolytes au moment de leur ordination, et que désormais ils doivent apporter régulièrement à la messe pontificale. C’est vraiment l’insigne de leur fonction ; aussi le reçoivent-ils des mains mêmes de l’évêque, sur les pans de la chasuble dont, autrefois, ils sont revêtus comme tous les clercs. Cet insigne possède en même temps une valeur pratique, puisqu’il doit servir au transfert de la sainte eucharistie. L’Ordo romain nous montre les acolytes groupés autour de l’autel : avec l’aide des sous-diacres ils présentent, des deux bras étendus, leur sac de lin largement ouvert, pour que l’archidiacre y dépose le corps du Christ, extendentibus acolythis brachia cum sacculis stant subdiaconi