ORDINATION DES ACOLYTES
nition préalable, les deux traditions d’instruments avec leurs formules respectives, l'invitation à prier adressée au peuple, et enfin les demandes de bénédiction se retrouvent ici comme précédemment et dans un ordre identique ; mais, au lieu d’une simple oraison finale, le rituel des acolytes en comporte trois. Chacune de ces différentes formules mérite une mention particulière.
Déjà les Sfatuta disaient des acolytes qu’ils doivent recevoir une instruction spéciale sur l'office qu’ils auront à remplir. C’est ce que leur apprend le texte du Pontificai. L’admonition Suscepturi ne se distingue pas essentiellement de celles que nous connaissons déjà. Elle est tributaire des mêmes sources littéraires : les anciens Statuts ecclésiastiques, la lettre de saint Isidore de Séville et le Pontifical ou Ordo romain du Xe siècle.
« À l’acolyte il appartient de porter le chandelier, d’allumer les lampes de l’église et d’apporter à l'autel le vin et l’eau pour le sacrifice eucharistique. — Acoiythum etenim oportet ceroferarium ferre, luminaria ecclesiæ accendere, vinum et aquam ad eucharistiam mimistrare. »
C’est la décision canonique dans sa forme impérative, oportet, et dans sa concision juridique. Les anciens documents ne mentionnaient pas d’une façon expresse le ceroferarium ferre, contenu implicitement dans la mention suivante. Mais l’office des acolytes porteurs de flambeaux est attesté, nous le savons déjà, par le plus ancien Ordo romain, dès le VIIS ou le VIII: siècle. La règle de la liturgie papale, exigeant la présence des sept acolytes céroféraires, s’est perpétuée au cours du moyen âge, non seulement à Rome, mais aussi dans le cérémonial des simples évêques, en France en particulier : c’est elle qui justifie encore actuellement à la messe épiscopale l'addition du septième cierge sur l’autel où se célèbre le saint sacrifice.
La procession solennelle de l’évangile n’a pas sensiblement changé au cours des âges ; les acolytes y remplissent toujours leur rôle de porte-flambeaux, qui se relève encore du fait qu’ils accompagnent le texte de l’évangile. C’est surtout à ce ministère de lumière que fait allusion leur admonition, elle en développe l’idée avec insistance pour en montrer la portée pratique.
Les deux formules de tradition reproduisent textuellement les rubriques des Sfatuta. Les recueils liturgiques, en usage en France au VIIIe siècle, nous montrent comment ces rubriques sont entrées dans le rite même de l’ordination. Tandis que, dans l’ancien sacramentaire gélasien, les prescriptions canoniques des statuts étaient réunies toutes ensemble, dans les manuscrits du VIIIe siècle on insère à part sous des titres différents : ordo ostiarii, ordo exorcistæ, ordo acolythi, la décision relative à chaque ordre, puis les formules liturgiques .
Ainsi pour les acolytes :
ORDO ACOLYTHI. — Acolythus cum ordinatur primum ab episcopo quidem doceatur qualiter se in officio suo agere debeat. C’est déjà l’équivalent de ladmonition du début.
Sed ab archidiacono accipiat cereforarium cum cereo, ut sciat se ad accendenda luminaria ecclesie mancipari.
Accipiat et urceolum vacuum ad suggerendum vinum in eucharistiam corporis Christi ?.
L’indication des deux traditions du chandelier et de la burette, est nettement exprimée avec mention de l’archidiacre, à qui revenait l’office de livrer ces insignes. Ces simples
I. Voir en Appendice I et II, les textes du sacramentaire de Gellone, témoin des usages du VIII siècle, et du grégorien de Ménard, qui consigne ces mêmes usages.
2. Gélasiens du VIII siècle (Cf. DoM MARTÈNE, De ant. eccl. rit., I, VIIL, XI, ordo 4), et grégorien de Dom H. MÉNARD, P. L., LXxVIII.