I. — TRANSMISSION DU SACERDOCE
ITE traditionnel. — L’exceptionnelle gravité de l’ordi-
nation des prêtres est soulignée par la solennité que revêt son rite essentiel, l’imposition des mains. Un premier geste de bénédiction unit d’abord le prélat consécrateur et tous les prêtres assistants dans une intervention commune. À cette première imposition des mains, faite en silence, il faut unir en pensée celle que, tout aussitôt, l’évêque accomplit avec les prêtres en prononçant la prière invitatoire, préalable à la consécration. L’ancien rite s’est dédoublé : l’évêque et chacun des prêtres posant d’abord les deux mains sur la tête de l’ordinand ; puis tous tenant la main droite étendue sur lordinand jusqu’à la fin de l’invitatoire Oremus, fratres carissimi. Mais l’usage ancien était plus simple ; nous connais-
sons déjà le décret des Sfafuta ecclesiæ antiqua. I] prescrivait, ainsi qu’il suit, l'imposition des mains simultanée de l’évêque et des prêtres pendant toute la formule de consécration : «A lordination sacerdotale, tandis que l’évêque prononce sur l’ordinand la formule de bénédiction, episcopo eum benedicente, et qu’il tient la main étendue sur la tête, ef manum super caput etus tenente, tous les prêtres présents imposent également les mains tout près de l’évêque, manus suas juxta manum episcopi super caput 1llius teneant ». Cette rubrique très ancienne est encore reproduite au X® siècle, dans le sacramentaire grégorien qu’a publié Dom Hugues Ménard 1, et dans plusieurs autres témoins de l’usage romain, tel qu’il était pratiqué en France à cette époque ?. Comme jadis, les prêtres continuaient à imposer les mains avec l’évêque durant toute l’ordination.
Le consécrateur, d’après la prescription du IXe Ordo romain, commençait par placer les mains sur la tête de chaque ordinand comme il le fait encore aujourd’hui. Il ne pouvait évidemment être question de contact matériel de la part des prêtres ; mais l’extension des mains super caput illius avait exactement la même signification et la même valeur. La précision actuelle qui fait participer tous les prêtres successivement à une imposition des deux mains avec contact, ne semble pas antérieure à l’époque de Durand de Mende ; on a voulu concilier les deux éléments regardés comme fonciers, imposition des mains avec contact matériel et imposition des mains par tous simultanément : d’où les deux cérémonies successives. L'usage primitif est sauf, puisqu'il se retrouve dans les deux rites.
L’imposition des mains simultanée de tous ne se fait, suivant l’usage actuel, que durant la formule invitatoire