FUNK, Didascalia et Const. Apost., II; P
L’explication est peut-être embarrassée : il semble d’abord que les prêtres exercent avec le prélat consécrateur un véritable pouvoir ; et finalement on leur dit que ce n’est pas un réel pouvoir d’ordre, mais seulement un symbole de ce que reçoit le nouveau prêtre, «l'esprit du sacerdoce », qui lui donne l'entrée dans le conseil ou presbyterium de l’évêque. Tous les prêtres lui imposent les mains parce qu’ils participent au même esprit du sacerdoce, et ils signifient par leur coopération avec l’évêque que le nouvel élu est admis dans le collège des prêtres. Incapables par eux-mêmes de communiquer lesprit sacerdotal que le seul évêque peut donner, ils manifestent du moins par leur action simultanée ne faire qu’un avec l’évêque, constituer son conseil et considérer le nouveau prêtre comme l’un des leurs.
Dans ce geste hautement symbolique, et empreint de la plus grande dignité, il se peut qu’il y ait aussi un souvenir d’une institution vénérable qui remonterait aux origines de l’Église, et la restriction qu’indiquait le texte cité plus haut pourrait se référer à une limitation de pouvoirs jusque-là reconnus. Il est fort possible que primitivement les collèges de rpes£utepor ou d’érisxonot —, les deux termes s’appliquaient aux mêmes dignitaires —, qui administraient les églises sous la direction et la présidence des apôtres, aient joui de la plénitude des pouvoirs sacerdotaux, et qu’ils aient en conséquence pu concélébrer réellement pour l’ordination, comme ils continuèrent plus tard de le faire pour la célébration du saint sacrifice et la consécration des saintes huiles ; ce pouvoir aurait cessé à la disparition des apôtres, lorsque des évêques furent établis partout à la tête des églises ; mais le rite liturgique subsista trahissant à lui seul son origine et sa valeur primitive. Si les choses se sont passées ainsi, on s’explique que saint Isidore, au début du VITE siècle !, plus tard Rhaban
1. Sola propter auctoritatem summo sacerdoti clericorum ordinatio
et consecratio reservata est, ne a multis ecclesiæ disciplina vindicata concordiam solveret, scandala generaret. (De eccles. officüs, 11, 7.)