‹ Le pontifical romainChapitre 21 sur 240 · I. HITTORP, op. cit · texte numérisé non relu

I. HITTORP, op. cit

L'ORDO D’HITTORP 41

des documents de sources diverses ; il y a beaucoup d’éléments romains, il y en a aussi de nettement gallicans ; les uns et les autres sont souvent juxtaposés et font quelquefois double emploi. Indépendamment des formules d’origine étrangère, mais qui ne portent pas d’indice spécial qui les fasse reconnaître dès le premier instant, on en rencontre qui trahissent de suite leur provenance : p. e. Benedictio olei et charismatis Ambrosiana; Examinatio in ordinatione Episcopi secundum Gallorum institutiones (pièce qui a fini par entrer tout entière dans le Pontifical Romain) ; l’Ordo du jour de Pâques est suivi d’un second Ordo analogue institué : fem secundum Romanos, qui prouve que le premier n’était pas romain ; de même, après un rituel très développé de la dédicace des Églises, celui que nous avons gardé au Pontifical romain, suit un Ordo romanus ad dedicandam Ecclesiam beaucoup plus court et plus ancien. À côté des pièces liturgiques on reconnaît de nombreux extraits du Liber de divinis officiis attribué faussement à Alcuin !.

L’Ordo vulgatus ou antiquus d'Hittorp est donc très mêlé, il faut bien l’avouer ; cependant, tout en souscrivant au jugement de a Mabillon a revendique pour cet Ordo

stance re se re manuscrits anciens. Le grand nombre

de manuscrits du X° et du XI siècle qui reproduisent plus nm

ôu moins exactement ce document composite, prouve qu’il a

joui d’une vogue considérable. Il y a tout lieu de croire qu’il est originaire d'Allemagne. D’où le nom sous lequel on propose actuellement de le désigner, le « Pontifical romano-ge rmanique du Xe siècle » 2. Divers exemplaires manuscrits portent les noms de Cologne, Mayence, Bamberg, Salzbourg. Dès les

1. Cf. M. ANDRIEU, L’Ordo romanus antiquus et le Liber de divinis officiis du Pseudo-Alcuin, dans Revue des Sciences religieuses, 1925, p. 642-650.

2. M. ANDRIEU, op. c., p. 643-650 ; cf. surtout l’ouvrage du même auteur, Immixtio et Consecratio. La consécration par contact. Paris, 1924, p. 59-64. M. Andrieu prépare l’édition de cet Ordo antiquus.

IXe, Xe et XIe siècles, on en trouve des copies en Italie et en France, exécutées pour différentes églises de ces pays.

Son histoire se poursuivra en Italie d’une façon très intéressante.

Dans les copies exécutées en France et en Italie aux X£ et XIe siècles, on retrouve souvent la mention de telle ou telle de ces églises d'Allemagne qui atteste l’origine du document. Ainsi trois manuscrits de cette époque conservés en France gardent le souvenir de Salzbourg !. Le nom de Mayence se lit dans deux documents analogues de Rome et de Milan ?.

L’Ordo romanus antiquus reproduit dans un grand nombre de manuscrits a certainement exercé une grande influence sur la formation du Pontifical. C’est surtout en Italie que cette influence s’est fait sentir. Nous en verrons bientôt les preuves.

1. Paris, B. N., cod. 820. — Vendôme, cod. 14. — Paris, B. N., cod. 1231. — Cf. Revue bénédictine, 1922, p. 26-46. — Nous donnons à l’Appendice, III, le schéma des ordinations d’après le cod. 14 de Vendôme.

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