‹ Le pontifical romainChapitre 221 sur 240 · RITES TRADITIONNELS · texte numérisé non relu

RITES TRADITIONNELS

tradition, ainsi que l’a démontré le R. Père, aujourd’hui Cardinal, van Rossum !.

Le témoignage constant que rend toute l’antiquité ecclésiastique, en Occident comme en Orient, est que l’ordination est conférée aux prêtres, aussi bien qu’aux diacres, par les deux éléments que nous connaissons : l’imposition des mains et la formule de consécration avec invocation du Saint- Esprit. C’est une opinion à laquelle on revient et qui dans les siècles passés a eu des défenseurs illustres : saint Bonaventure, Pierre de Tarentaise, saint Pierre Canisius, Morin de l’Oratoire, le dominicain Goar, le savant Huet, évêque d’Avranches, Dom Martène, et plus tard encore saint Alphonse de Liguori. L’imposition des mains et la formule de consécration sont essentielles. Faut-il en conclure qu’elles suffisent ? L'Église, par sa discipline, nous dit que non. Elle exige l’accomplissement des autres cérémonies.

Les Anglicans au temps de la Réforme sous Édouard VI (1552) ont pris l’attitude opposée, et, sous prétexte de retourner au christianisme plus pur, ils ont supprimé du rituel de l’ordination sacerdotale l’onction des mains et la tradition des instruments pour ne conserver que la prière de consécration, fort modifiée du reste, l’imposition des mains et une formule nouvelle, d’où étaient soigneusement exclues la mention du saint sacrifice et celle même du sacerdoce. Aussi, dès le principe, l’Église at-elle déclaré leurs ordinations nulles, jugement que

1. Dans son célèbre mémoire déjà cité, De essentia sacr. Ordimis. Cf. DENZINGER-BANNWART, op. cit., 7OI, note. — Voir cependant l’Ami du Clergé, du 13 nov. 1924. Cf. également J. DE GUIBERT, Le décret du Concile de Florence, dans Bulletin de littérature ecclésiastique, 1919, 81-95, 150-162, 195-215. — P. ED. HUGON, Études récentes sur le sacrement de l'Ordre, dans Revue Thomiste, XXIX, 1924, 481-490. Ces deux auteurs réclament en faveur du décret pro Armenis, et placent l’essence du sacrement de l’Ordre dans la tradition des instruments. Voir l’opinion contraire exposée et adoptée par le P. D’ALÈS, Ordinations dans Dictionnaire Apologétique de la foi catholique, 1920, t. III, 1143-1158.

Léon XIII a définitivement ratifié en 1896, dans sa Bulle Apostolicæ curæ. Léon XIII s’est appuyé sur l’autorité de ses prédécesseurs, sur le défaut de forme et sur le défaut d'intention. Le raisonnement est très simple et inéluctable. Toutes les modifications qu’on a fait subir au rituel romain pour constituer le nouvel Ordinal anglais, entré en vigueur en 1550, ont eu pour but de supprimer toute mention du sacerdoce chrétien (on l’a ajoutée il est vrai en 1662, mais il était trop tard) et du saint sacrifice : c’est le défaut de forme ; ceux qui se servent de l’Ordinal anglican ne peuvent prétendre avoir l'intention de l’Église, qui est d’ordonner des prêtres offrant un vrai sacrifice. Beaucoup d’Anglicans disent, il est vrai, qu’aujourd’hui ils sont revenus à la notion catholique du sacrement de l’ordre et du saint sacrifice ; que, par conséquent, le défaut d’intention n’existant plus, leurs ordres sont valides, puisque depuis 1662 leur forme Accipe Spiritum sanctum in officium et opus sacerdotis est suffisante. Le malheur est que la hiérarchie n’existant plus, il n’y a plus de pouvoir d’ordre, par conséquent .les ordinations sont radicalement nulles, en dépit des intentions droites.

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