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Voici quelques manuscrits qui nous l’ont conservé

Paris, Bibliothèque Nationale, cod. 733. Anonyme, XIV® siècle ; étudié par BATIFFOL, op. cit. ; — cod. 734 ; titre : Liber Ordimis Pontificalis EDITUS per GULIELMUM DURANTIS speculatorem, bonæ et clarissimæ memoriæ, episcopum Mimatensem, XIVe siècle. Cf. Cat. Mss. Reg. III. 60. — Hist. htt. de France, XX, 490. — Cambrai, cod. (175) 180. Pontificalis ordinis liber incipit. XIV® s. — Aïx, cod. 13. XIV siècle. Item. Cf. ci-après p. 52.

Paris, Sainte Geneviève, 143 : Pontificalis liber incipit. XIV® s. arrangé pour l’évêque de Bourges.

Vatican, 1920 : Pontificahis Ordinis liber incipit. XV® s. Bourges.

Vatican, 1145 : Adapté à l’usage de l’église de Bergame. XV° s.

Cf. EHRENSBERGER, Manuscript. hiturgic. Vatic., p. 547-550 qui

Le prologue inséré en tête de plusieurs manuscrits indique le plan de l’ouvrage divisé en trois livres :

Incipit liber pontificalis ordinis quem reverendus pater dominus Gulielmus Durandi episcopus Mimatensis REFORMAVIT, 7 quo inseruntur non nulla, quæ rite valent etiam per simplices sacerdotes expediri. Et dividitur in tres partes. In prima DE PERSONARUM BENE- DICTIONIBUS ET CONSECRATIONIBUS agitur.

In secunda ponuntur CONSECRATIONES ef BENEDICTIO- NES RERUM, {am sacrarum quam profanarum.

In tertia ponuntur QUÆDAM ECCLESIASTICA OFFICIA.

Cette répartition en trois livres répond aux habitudes des théologiens et canonistes de la fin du XIIIe siècle. Le besoin de grouper, de cataloguer sous des titres définis les multiples objets de la science est bien de l’époque. Durand de Mende s’est distingué dans ce genre : son recueil de droit criminel ou Speculum judiciale et son Rationale sont disposés suivant le même système : le premier, divisé en quatre livres traite successivement des personnes, des procès, des crimes qui en sont la matière, des formules à employer dans la procédure ; le deuxième, en huit livres, parle de toute la matière de la liturgie, des choses, des personnes, des vêtements liturgiques, etc.

La division du Pontifical trahit le même besoin systématique de groupement par ordre d’idées, et ainsi y est-il traité

des personnes, des objets liturgiques, et des offices variés 1,

en donne une analyse très détaillée.

Vatican, 4744, XV® siècle. Le rituel des ordinations est donné d’après ce manuscrit par CATALANI, Pontificale romanum comment. orn., éd. Paris, 1850, I, 279-289, et analysé dans l’Appendice, IV, de notre présent volume.

I. EHRENSBERGER, op. cit., p. 548, d’après le cod. 1145 du Vatican. Voir la description détaillée de ces trois livres dans l’étude de MGr

Cette troisième partie est bien un peu vague : on y voit figurer des bénédictions qui rentreraient aussi bien dans la seconde catégorie, comme la bénédiction des rameaux, la consécration des huiles, etc. Mais l’auteur a voulu conserver autant que possible la disposition des Ordines romani (Sapience, 173) et surtout de l’Ordinarium du pontife romain, dans lesquels l’ordo du temps, Épiphanie, Carême, derniers jours de la Semaine sainte, ne vient qu'après les consécrations des personnes et des choses. L’ordre des matières du Pontifical de Durand est donc en substance celui de l’Ordinaire papal du XIVE siècle. Les différences n’ont que peu d’importance : le Pontifical romain les a toutes adoptées dans la suite.

Ce sont d’abord des interversions :

la confirmation, qui désormais vient avant les ordinations ;

la bénédiction des rois renvoyée après celle des abbés et des vierges.

Dans l’ensemble des bénédictions d’objets, relatives à la consécration d’une église, deux divergences de détail.

Enfin, des additions : les cérémonies de l’exclusion et de la réconciliation des pénitents.

À la suite des fonctions du jeudi saint, on rencontre pour la première fois, dans le Pontifical de Durand, les prières pour la réception des prélats, rois, princes, etc. ; par contre la fin de l’'Ordo X, qui terminait l’Ordinarium du pape, est supprimée. Durand s’en est expliqué lui-même dans sa préface : il ne faut pas, dit-il, chercher dans son Pontifical comme en quelques autres, les rites du baptême !, de la pénitence, de l’eucharistie, de l’extrême-onction, du mariage,

BATIFFOL, Le Pontifical de Durand de Mende, d’après le cod. 733 de la Bibl. Nat. à Paris. Voir cette description en Appendice à la fin du présent chapitre.

1. Cf. cependant le cod. 1145 du Vatican. — Bibliothèque Nationale, cod. 734, Hist. litt. de la France, XX, 491.

parce que ces sacrements ne sont pas exclusivement conférés par les évêques !.

Durand de Mende a donc voulu composer un Pontifical au sens strict du mot, en éliminant toutes les cérémonies non réservées aux évêques. Il a eu de plus le dessein de le mettre en complet accord avec l’usage liturgique romain. D'où le qualificatif d’authentique, ou officiel, qu’on aimait à donner à son recueil, et que tout justifiait, vu le soin que Durand de Mende avait donné à son travail, en canoniste consommé et liturgiste averti qu’il était. Le terme Patrum pontificale, employé sur son inscription funéraire, montre que c'était une œuvre où la tradition des anciens avait été respectée. En fait, le Pontifical de Durand jouissait d’une autorité reconnue comme tous ses autres écrits. C’était le Liber pontificalis par excellence. Déjà Clément V (1305-1314) invoquait son témoignage ; et c’est lui que, plus tard, Patrizi entreprit de corriger, pour le mettre tout à fait au point et le publier comme le Pontifical de l’Église romaine.

À quelle époque au juste Rome l’adopta-t-elle ? Il est impossible de préciser. En 1389, un archevêque d’Arles, camérier du pape Clément VII, fait rédiger un « Ponfificale secundum usum seu consuetudinem ecclesiæe Romane» où ne paraît pas encore la division en trois livres ?.

Un peu plus tard, Pierre Amelli, sacriste du pape Urbain V et bibliothécaire de Grégoire XI, parle dans son Cérémonial du Pontificale domini Gulielmi Durandi, mais pour opposer l'une de ses prescriptions à l’usage de l’Église Romaine. Il

1. Pontificalis ordinis liber incipit. Ad uberiorem tamen doctrinam, nonnulla inseruntur in eo quæ rite valent etiam per sacerdotes simplices expediri. De Sacramentis autem baptism, pœnitentiæ, eucharistiæ, extremæ unctioms et matrimonti, sicut in quibusdam fit pontificalibus, hic non agitur ; tum quod de illis in nostris constitutionibus synodalibus discimus, tum quia 1lla cuilibet competunt sacerdoti. Aïx, Cod. 13 écrit avant 1348. Catalogue gén. des bibl. de France, t. XVI, p. 14-15.

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