‹ Le pontifical romainChapitre 5 sur 240 · CHAPITRE I LES ORIGINES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I LES ORIGINES

SOMMAIRE : Le Liber sacramentorum ou recueil des sacrements, source commune du Missel et du Pontifical. — Les éléments romains. — Les modifications. — Vestiges des traditions primitives : La Tradition apostolique ; les plus anciennes formules liturgiques.

E Missel romain est constitué à peu près tel qu’il est

aujourd’hui dès le XIIIe siècle. Mais, antérieurement à cette époque, il a toute une Histoire dont il importe de connaître les phases principales. Car il y a grand intérêt à savoir avec quel soin les évêques, et les pontifes romains en particulier, ont veillé à la conservation de son texte, et comment ses développements successifs n’ont rien changé à ses éléments essentiels encore aisément reconnaissables dans les différents livres qui nous l’ont transmis.

Or, les origines du Pontifical et du Rituel se confondent en grande partie avec celles du Missel romain. Le Liber sacramentorum primitif, comme actuellement encore le livre nommé Euchologion chez les Grecs, contient tout ce qui est nécessaire à l’évêque et au simple prêtre pour célébrer la Messe, administrer les sacrements, et accomplir les différentes consécrations et bénédictions de personnes ou d’objets destinés au culte.

Jusqu’à l’époque des scolastiques, le terme sacrements n’est pas exclusif comme il l’est aujourd’hui. Sacramenta désigne indistinctement toutes les fonctions sacrées. Le Liber sacramentorum, où Sacramentorum tout court, dont on a fait Sacra-

mentarium, c’est le recueil des choses saintes et sanctifiantes, des divers moyens de sanctification et de consécration à Dieu et à son service : expression très intéressante dans son imprécision même, qui lui permet d’envelopper tous les rites sacrés, tous les canaux authentiques, par où, depuis le Calvaire, la grâce du Christ se répand dans les âmes.

Cependant les rites de la messe formant la partie la plus importante de ce « sacramentaire » primitif, la collection ellemême prend de bonne heure le nom de Liber missæ, ou liber missalis ou missale, même à l’époque où cette collection comprend encore toutes les formules de notre Pontifical et de notre Rituel (VIIIe et IX siècles).

On constate du reste assez anciennement une tendance à mettre à part ces formules, à isoler les rites réservés aux évêques : leurs développements même invitent à constituer des collections spéciales. Le Liber sacramentorum devient alors plus exactement le Liber missalis; mais ce n’est pas encore tout notre missel, car il ne contient que la partie du célébrant, c’est-à-dire les formules, oraisons, préfaces, canon de la messe, bénédictions, qui sont dites à l’autel. Les lecteurs et les chantres ont de leur côté les livres propres à leur office et dont le prêtre n’a que faire à l’autel, parce qu’il ne récite ni les lectures’ ni les pièces de chant : ce sont les lectionnaires (épistolier et évangéliaire) et l’antiphonaire, formé de lantiphonaire proprement dit et du Responsorium ou Graduale, contenant l’un les antiennes d’introit, offertoire et communion, l’autre les répons graduels. Ajoutons enfin que les rubriques si importantes pour la célébration de la messe ne sont venues s’ajouter qu’assez tard, mais qu’on en trouve les éléments principaux dans les anciens Ordines Roman.

Le Missel et le Pontifical, qui se sont développés chacun de leur côté, sont restés romains, de Rome, bien que certaines parties révèlent une origine étrangère. Car tous leurs éléments primitifs sont vraiment romains ; et même dans les portions où se trahissent des influences extérieures à Rome, ils repré-

Page 1