‹ Le pontifical romainChapitre 6 sur 240 · MODIFICATIONS · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS

sentent encore l’état de la liturgie romaine à des époques déterminées. Ceci est vrai du sacramentaire, c’est vrai également du cérémonial. L’un et l’autre, nés à Rome, sont de bonne heure adoptés dans les Églises des Gaules sous l’influence des premiers carolingiens : ils y rencontrent de vieux usages nationaux qui viennent enrichir la pure tradition romaine ; et quelques siècles plus tard ils retrouvent le chemin de Rome ainsi développés, conservant cependant leur empreinte nettement romaine. Faut-il regretter que la discrétion et la sévérité, qui caractérisaient le rit romain primitif, aient cédé quelque peu la place à un rituel plus orné, à une liberté plus grande dans l’expression de la prière, et quelquefois à un symbolisme un peu plus recherché ? Les Orientaux se vantent beaucoup d’avoir conservé presque intactes leurs traditions propres. De très bonne heure au contraire les papes eux-mêmes ont montré beaucoup plus de largeur d’esprit. Qu'on se rappelle saint Grégoire le Grand, celui précisément qui a le plus travaillé à la fixation des livres liturgiques de Rome. Non seulement il ne se défendait pas d’emprunter à Constantinople ou aux autres églises ce qu’elles pouvaient avoir de bon ; mais, à saint Augustin de Canterbury qui le consultait sur les rites à donner à la nouvelle Église d’Angleterre, il conseillait formellement d’unir aux traditions romaines ce qu’il pouvait rencontrer de louable dans les autres liturgies : Mihi placet ut sive in sancta Romana sive in Galliarum sive in qualibet ecclesia aliquid invenisti quod plus omnipotenti Deo possit placere, sollicite eligas… À

Ce ‘principe justifiait à l’avance les additions faites au Sacramentaire romain en terre franque ; on savait du reste de quelle autorité il était revêtu. Amalaire invoque le même principe pour défendre les corrections qu’il introduisait dans PAntiphonaire. En plusieurs circonstances on s’en est souvenu, l’histoire de la liturgie en France du VII® au IX® siècle le

Page 1