DEGRÉS DE LA HIÉRARCHIE
et autant d’ordres sacrés ou majeurs :
De SACRIS ordinibus : Subdiaconi.
Diaconi.
Presbyteri.
Episcopi.
Depuis les origines, le cérémonial des ordinations s’est considérablement modifié quant au nombre des formules et des formulaires eux-mêmes.
Cependant la liste des degrés de la hiérarchie de l’Église latine (celle des Orientaux est un peu différente) est complète à Rome, et très probablement en Afrique, dès le IIIe siècle. Nous en avons pour garant le témoignage irréfutable du pape saint Corneille dans la lettre à l’évêque Fabius d’Antioche (vers 252). Le pape y mentionne les méfaits d’un membre du clergé romain, Novat, qui avait voulu se faire consacrer évêque de Rome : cet intrigant savait pourtant bien qu’il ne peut y avoir qu’un seul évêque de Rome ; il connaissait aussi le nombre exact des membres de ce clergé romain auquel il appartenait, et qui comptait : 46 prêtres, 7 diacres, 7 sousdiacres, 42 acolytes, enfin des exorcistes, lecteurs et porfiers au nombre de 521.
Le Liber pontificalis rédigé au VIS siècle, attribue au pape Gaius (283-296) une décrétale qui fait une loi pour l’élu à l’épiscopat de parcourir tous ces mêmes degrés hiérarchiques :
Hic constituit ut ordines omnes in ecclesia sic ascenderetur : si quis episcopus mereretur, ut esset ostiartus, lector, exorcista, sequens, subdiaconus, diaconus, presbyter, et exinde episcopus ordinaretur ?.
Ce décret, qu’ont ignoré les papes du VE siècle, est probablement apocryphe. Mais peu importe pour ce qui nous concerne, puisqu’il est conforme à l’énumération donnée cinquante ans auparavant par saint Corneille. De plus, il doit reposer sur
1. S. CORNEILLE, Epist. ad Fabium. P. G., XX, 621-622. 2. Liber pontificalis, éd. DUCHESNE, I, 161.
des données très anciennes, car il nomme les acolytes du nom de sequens, qui n’est pas le terme officiel, mais simplement la traduction du grec äx6houos, employé à Rome jusqu’au IIIe siècle. L’ordre de portier n’est plus mentionné dans les listes données par les papes Sirice, Innocent Ier, Zosime et Gélase au V® siècle. Il existait toujours, mais fort effacé ; il en était de même en pratique pour la fonction d’exorciste : c'était un ordre, comme celui des acolytes, mais, à Rome au VIe siècle, ni l’un ni l’autre n’était regardé comme indispensable : un exorciste pouvait être ordonné directement sous-diacre et certains acolytes n’avaient jamais été exorcistes 1.
À part les trois degrés supérieurs attestés dès le temps des Apôtres, il est impossible de dire à quelle époque exacte remontait l’organisation complète des huit degrés de la hiérarchie ?. Saint Corneille en parle de façon à donner à entendre qu’elle existait avant lui à Rome ; mais d’autre part, elle n’est sûrement pas primitive. Acolytes, lecteurs et sousdiacres sont mentionnés. en Afrique par Tertullien et saint Cyprien (IIIe siècle) #. Nous les rencontrerons à Rome vers la même époque. En Orient, le sous-diaconat ne paraît guère qu’au IVe siècle, et l’on ne connaît après le sous-diacre que l’ordre du lecteur et du chantre. Malgré son nom grec, Pax6houlos est inconnu encore actuellement des Grecs ; son origine est toute romaine, ce qui n’a pas lieu d’étonner puisqu'on parlait encore grec à Rome au III® siècle.
Les noms de episcopus, presbyter et diaconus sont également d’origine et de forme grecque, mais non pas exclusivement romaine, puisqu'ils se lisent dans les épîtres de saint Paul
I. JEAN DIACRE, Epist. ad Senarium, 10. P. L., LIX, 404, 405.
2. Cf. WIELAND, Die genetische Entwicklung der sog. Ordines minores in den drei ersten Fahrhunderten, dans Rôm. Quartalschr., Suppl. t. VII, Fribourg et Rome, 1897.
3. TERTULLIEN, De præscriprione, 41. Édit. de Labriolle, Paris, 1907; 90. — S. CYPRIEN, ÆEpist. XIV, XXIV, XXVIII, XXXII, etc.
L'ANCIEN PRESBYTERIUM III
et les Actes. Ce sont là les trois degrés hiérarchiques que
l’on rencontre partout dès les origines, ou du moins dès
une époque très voisine des origines. Ils répondaient nettement
à l’institution divine, ainsi que l’a défini le Concile de Trente : Si quis dixerit in ecclesia catholica non esse herarchiain DIVINA ORDINATIONE INSTITUTAM quæ constat ex episcopis, presbyteris et ministris, anathema SLA
Il n’est pas dit qu’en instituant le sacrement de l’ordre et en léguant à ses apôtres le sacerdoce chrétien qui est essentiellement un, le Christ ait déterminé dans les détails les différents degrés de la hiérarchie, tels qu’on les voit s’affirmer nettement à la fin du Ier siècle.
Du vivant des apôtres, on le constate dans leurs écrits, il existe dans toutes les Églises fondées par eux un collège ou conseil d’anciens, ayant reçu l’imposition des mains ?, dépositaires par conséquent des pouvoirs du sacerdoce ; tous ensemble ils gouvernent les communautés, vos posuit episcopos regere ecclesiam Dei *. Ils constituent le presbyterium de chaque église, et imposent les mains avec les apôtres, quand il s’agit d’ordonner des clercs, cum impositione manuum presbyterii 4,
Or, les membres de ce presbyterium portent indifféremment les deux noms qui depuis la fin du Ier siècle sont très différents l'un de l’autre, de presbyteri et episcopi. Aux anciens qui gouvernent l’Église d’Éphèse saint Paul, au livre des Actes, dit que l’Esprit-Saint les a établis « évêques », émisxonous, et en parlant d’eux le même livre des Actes les appelle des « prêtres » rpesfutepous 5, De même dans l’Église de Philippes de Macédoine, ceux que saint Paul nomme des « évêques »