SCÈNE IV
Les mêmes, P ALT..
pacl, toilette de bat, une rose à la boutonnière. Mon cher ami, je viens... mais pardon... je ne voyais pas... se pcul-il? Prosper !
prosper. Lui-même, qui a fini par donner raison à son parrain. Tu sais, Fortuné, Félix... paix. Vraiment’... et comment ça?
LE PONT-BOUGE
prosper. En travaillant, eu piudiant, en trimant comme tieaucmip de nègres.
pâli.. Ali çà, tout le monde fait donc fortune? car tu sais que Gilbert...
prosper, a Gilbert. C'est vrai, au fait; je ne fai pas encore demandé comment.
pacl. Oh! un héritage superbe !
prospir. Celui de l'midc Benoit ?
paix. Si vraiment.
prosper. Mais, si j'ai lionne mémoire , il s'agissait de trente mille francs tout au plus, et ce n’est pas avec ça!..
paul. Comment trente mille francs?...
gilbert, inquiet. Oui... En effet.
pâli. Mais il inc semblait que tu m'avais dit...
gilbert. Tu m’auras mal compris... Je n’ai fait qu’un modeste héritage... mais j’ai beaucoup travaillé... des feuilletons, des brochures, des entreprises... j'ai joué sur les fonds publics. . Du reste, j'ai les preuve» de tout ce que j'avance et je vais vous démontrer.
prospeb , riant. Ah çl, c’est une plaisanterie...
gilbert. Non, je tiens beaucoup à vous prou - 1 ver...
prosper. Est-ce que nous avons besoin...
pail. Moi, j’avoue que je ne serais (tas fâché de voir un peu...
Gilbert. Tu vois bien...
pri.mper. Il faut avouer que voilà une drôle d'idée.
Gilbert. Il est lion que vous ayez de quoi répondre à ceux qui feraient des commentaires sur moi.
prosper. Quels commentaires veux-tu que l’on fasse?
gilbert. Que sais-je, moi? le monde est si méchant. . si envieux...
palx. Et nous sommes du monde, comme dit M " Mar».
cilrert. Tu l’entends. (Il m prendre sur un meuble un petit registre qu'ü y a dépoté en entrant; il ouvre son registre.) Tenez:
1828 : Dépenses de l’année, dix-huit mille deux cents francs. Maintenant, voyons la recette : janvier, deux cent» francs d'appointcinent- , car j’ai une place dan» les assurances... Feuilleton, trois cent cinquante francs. Gagné sur la rente Cinq cent vingt-deux francs. Total, mille soixante-douze francs. Février...
prosper. Ah! j’espère que tu ne vas pas nous compter mois par mois...
gilbert. Eh bien, j’ouvre au hasard : juillet...
prosper. Oh! passe à décembre, ou je me sauve !...
Gilbert. Soit décembre...
prosper. Maintenant, si tu m'aimes, passe au total.
gilbert. Eh bien, total : dix-neuf mille qualrc-vingt-cinq francs...
prosper. Assez I approuve les comptes de l'année.
i Pendant ce temps, Martin est entré et » allumé 1 m bpugies.l
paul. Ah çà, dans quel journal écris-tu donc? Je n'ai jamais rien vu...
gilbert. Un peu partout, mais je ne signe pas, je ne signe jamais.
paul. C’est donc ça!.,. Mais, dis-moi, quel est ton agent de change?
gilbert. Mon agent de change?... J’en ai plusieurs.
Il veut remonter, l’aol le retient per le bree.) paul. Oh! lu n’es pas au bout.
cilbert. Qu’est-ce encore?
pacl. Nous ne t’avons pas demandé tes comptes, mais puisqu'il t'a plu de nous les rendre, je te demanderai pourquoi, car, enfin, ce n'est pas naturel , ça.
cilbert. Je vous l’ai dit pour que vous puissiez répondre aux commentaires.
paul. A ta place, je me déferais de cette habitude-là.
GILBERT. Et pourquoi?
paul. Parce que c’est singulier.
GILBERT. Eu quoi ?
paul. Parce qu'on pourrait cioirc que lu as besoin de justifier...
Gilbert, très-troublé . Moi... mais je suis un honnête homme, et je défie quelqu’un de prouver...
lit «’inrêU.I
paul. De prouver... quoi?...
gilbirt. De prouver k contraire!... Tiens, Martin, remets ee livre dans mon cabinet, Marti». Oui, monsieur... [à part en sortant.) Il faudra que j'achète un livre comme ça |>our marquer ma dépense.
(Il tort. — RomIic entre xivemrnt pur U droite, comme quelqu’un qui craindrait d étre suivi.)