‹ Le PontRouge melodrame en cinq actes et huit tableauxChapitre 49 sur 62 · ROSALIE, LOUISE · texte numérisé non relu

ROSALIE, LOUISE

loitse. Eh bien ! ma chère Rosalie, comment vous trouvez-vous re matin ?

Rosalie Toujours bien faillie!... et je doute ; que je puisse prendre leçon aujourd hui...

loi* ise Ne suis-je pas avant tout votre amie? rosai.il. Vous?... oui... c'est vrai... vous êtes bonne... compatissante... vous avez un peu de pitié de mes tourments, et je vous en remercie... je suis si malheureuse !

loitse Vous voulez dire, souffrante... mais, les maladies» on en guérit.

Rosalie. Oui, les maladies du corps; mais celles de l’âme?

LOtnsR. Il est aussi des médecins pour l’âme ; et ceux-là guérissent toujours leurs malades .J'en suis uu exemple : quelle femme a etc plus éprouvée que moi 7 J'avais donné toute ma confiance, toute ma vie à un homme que j’eytiinai?, que j’aimais, alors que je le croyais digue de cet amour, et que je n’avais pas la force de haïr, quand il ne méritait plus que du mépris! Il:

est mort... mort d’une façon terrible! ( J/ou- 1 renient de Rosalie.) Oh! ce n'est pas tout... J’étais riche, habituée, nuu-scult meut à l'indépendance, mais ou luxe, au plaisir... Du jour au lendemain, je suis devenue pauvre... presque sans pain... Il m'a fallu donner, pour vivre, des leçons, que j'avais reçues moi-mémo pour briller dans lu monde ; et c’est là que j’en suis réduite. Mais tout cela, je l’ai supporte sans faihlir, sans me plaindre; parce que j'avais m moi ce qui soutient, ce oui console, ce qui par - 1 fois môme régénère.... la religion.

Rosalie. I.a religion, vous y croyez, u’esi-cc j pas?

loctse. Si j’y crois?

rosauk. Ainsi, il se pourrait qu'il y eut des

châtiment*?

loitse. Je crois surtout qu'il est des récompenses.

rosalie. Mais enfin, pour ceux oui ont commis de grandes fautes... de grands crimes, si vous voulez?

loltse. Pour ceux-là, il y a le repentir, puis le pardon!...

Rosalie Le pardon I C'est-à-dire le repos!... 1 Ah! si j'osais voir un prêtre?... Mais non, Gilbert ne veut pas II ne croit & rien, Gilbert.

lol'ise. Il dit cela.

ro>alie Oh I il le pense !

loitse. U se trompe lui-même.

rosalie. Enfin, il m'en a tant dit, que parfois, je me suis prise à douter! Et pourtant, non-seulement je souffre en ce monde ; mais je souffre encore au-delà, par la pensée, qui m y transjmrte... parla crainte des supplices et du

châtiment. . Oh! c’est horrible Mais nous

sommes seules... il ne le saura nas... (Se levant par un grand effort et tombant à genoux.) Mon Dieu ! je me confesse à vous. Mou Dieu !... ! je me rrpeus, pardonnez-moi.

l.E PONT-ROUGE.

loitse, la relevant Rosalie...

Rosalie. Oh! pardonnez- moi aussi, madame, pardonnez-moi !

Louise. Plut il Dieu que j'eusse quelque chose a voua pordoaacr; mais la souffrance vous égaie.

Rosalie. Ouoi ! ce pardon, vous ne me le refuseriez pas?

Louise. Je vous le donnerais de grand coeur, j mais..

Rosalie, lui bal tant le$ m'ifnl.OH! merci!... merci!... Je mr «rns mieux. Von» viendrez me voir souvent, bien souvent, n’c^t-ce pas?

lol'ise. E‘ju re/. D’ailleurs, Dieu tn* tous at-il pis donné déjà un gage de sa bonté?...

N etc* vous nas mère. Rosalie?

rosalie. Mon enfant!.. Pauvre cher petit ; je ne l’ai pas encore vu Ne emyez pas que je l’oubliais, au m ins; il est en nourrice, et j’ai toujours «Hé si souffrante... si faible... mais! bientôt, je l'cspèrc... mon enfant, mais c’est I toute mon espérance, et puisque Dieu m’a laissé vivre... Ah! vous avez rai son ! cet enfaut, c’est pour inoi le pardon du cicll

Page 1