‹ Le PontRouge melodrame en cinq actes et huit tableauxChapitre 6 sur 62 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

TlflLLARD, LOUISE.

tiuii.ard. d part. Se douterait-elle? ( Haut à sa femme. ) Elle n’est pas aimable tous les jours, madame votre mère.

louis R. Pardon, pour elle, mon ami.

tiui.i.ard. Voua pourriez aussi demander pardon pour vous, madame; car il est bien clair que vous étiez de moitié dan* le complot. loche. Moi!... tu pourrais penser...

thillard. Du reste, je ne saurais vous en b! Amer ; il est j'*«ti* que vous songiez un peu à vous ; mai* cette foi», la précaution était inutile ; je n’avais aucun service de ce genre à vous demander.

locke. Vrai? c’est bien vrai? Tes affaires «ont rétablies, et tu n’avais pas besoin dn prix de mes diamants?

Tinu.Aim. Nullement. “Mais pourquoi?

loupe. Oh ! si je pouvais cire certaine...

iuillard. Mais, il me semble que ma parole!..

louise. Oh! je te croisl je te crois!... Quel bonheur!

tiui.i.ard. En vérité, je ne comprends pas...

eoeise. Oh! je put» tout te dire a présent.

Il v a six mois, tu sais, à la veille de cette affaire nui t’avait causé tant d'inquiétude, ic suis allée vendre mes diamants, à l insu ne ma inere...

tuili vrd. Que dites-vous?., mais non, puisque...

loi 1 i*e. Laisse-moi donc finir; et, pour qu’elle tte put se douter de rien, je le* fi* remplacer lier une parure en stras» absolument semblable.

THILLARD. Mai* depuis?...

Lotus»:. Depuis? j’ai gardé le stras* dan* mon éenu et l’argent dans mou secrétaire; afin que si, un jour, tu avais de cet argent un besoin réel, absolu...

TiiiLLARD. Quoi, tu a* fait cela?

Loi'isE. Est-ce que ton honneur n'est pas le mien?., est- ce que ma fortune n’est pas la tienne?

t ni i.e aux*. Mais tu es un ange! .. (La con duisant an canapé.) Et tiens, je voulais justement te demander pardon de» torts que j’ai pu avoir envers toi, e*. je te promets do les réparer par une conduite nouvelle. Ce qui m'avait jete un moment don* le désordre et le» plaisir* bruyants, ridait le mauvais état de me* affaires , la crainte perpétuelle d’une catastrophe ; t 1 je cherchais à m’etourdir ; mais, grâce à Dieu, ces mauvais jour* sont passés, et le beao,detnp* va revenir... tu verras... tu verras... (D l'embrasse; à part.) Quelle drôle de chose que le* femme*!

Louise. Oh! que je suis heureuse! Adieu, cher ami, à bientôt!

mu lard. Où vas-tu donc?

LOtriSK. Chez Halphen reprendre me* diamants... car ma mère finirait par s’en apercevoir...

TH1L1.ARD. Mais l’argent?..

loche. Je l'ai sur moi... te voici.

(Kl le tire nu paquet de billet* de banque.)

TII'.LL AUD. Hum !

Louise. Adieu...

THU.LARD. Dis donc?

ÜIC 1 »K Quoi?

tiui.i.ard. Il n’est pas probable que ta mère découvre jamais...

Louise. C’est égal, je serai plus tranquille.

THILLARD. Encore. un mot... ii ne pareille somme... car il» étaient très-beaux, te» diamans!...

locise. Oii m'en a donné cinquante raille francs.

TuiLLAnD. Cinquante mille... hum! et tu laisserai» ce capital inerte; mais c’csl une folie, c’est un meurtre I...

locise. Tu sais que je ne suis pas intéressée.

THILLARD. C'est égal, cet argent place dans les affaires...

Louise. Non... j'aime mieux le garder pour le jour où tu en aurais un besoin pressant .. et comme tu n'eu as que fai je eu ce moment...

THIU.ARD. Et si tu te trompai»?

Lomsr. Que dit-tu?

TniLLARD Si cet argent pouvait me sauver?..

locke. Non!., c’est impossible... ne m'as-tu pas dit?..

thillard. Je t’ai caché la vérité, pour ne pas t'effrayer, peut-être inutilement. . car, j’attends d'un instant à l’autre une rentrée considérable... mais la journée s’avance, l’argent n'arrive pas. c'est demain fête, après-demain le 31... et si je ne suis pas payé tantôt... je suis perdu !

Louise. Oh! mon Dieu! et cet argent te sauverait-il au moins?

Tinminn. Complètement. Car j’ai, pour le t!>, ses échéances qni sont certaines. —Moule, prête-moi ecs billet», ma Louise, ma bonne petite Louitej ri ma rentrée s’opère tantôt, je te les rendrai ce soir; sinon, tu me feras bien crédit jusqu'au 15.— Veux-tu?

loeise. Tiens, mon ami.

(EU* lui donne les billets.)

TiiiLURD. Hum !.. tu cs un ange!...

(Il l 'embrasse et 1» reconduit jusqu’à la porte de gauche.)

i k domestique, entrant de droite. Madame, une jeune femme est là qui demande à vous parler. Elle vient de la part de madame Roger.

locisf.. Ah! je sais, une femme de chambre.

J'cn ai une de ce matin. — C'est égal, faites entrer.

tfloMÜJc paraît à droite.)

twllard, ô part. Elle...

(Le dameetique sort par le fond.)

Loi' i sk. Venez, mon enfant.

(Elle sort par la gauche, vunie do Rosalie.)

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