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Le Port de La Rochelle-Pallice

Au milieu du XVIII siècle, Arcère, dans son histoire de la ville de La Rochelle, signale que : « De tous les ports de l'Océan, aucun « ne présente aux navigateurs plus de retraites et plus de ressources, « que le port de La Rochelle. Ce qu'il y a de singulier et même d’uni- « Que en Son genre, ajoute-t-il, c'est que nous avons vu des navires « tout désemparé, sans agrès, sans ancres, démâtés en partie, enfiler nos pertuis (1) et disputer dans nos rades leurs cargaisons à la « mer. Un port si avantageux et d’une si grande importance mérite- « rait qu’en sa faveur on forçât même les obstacles de la nature... »

La situation unique du port de La Rochelle sur la « mer Océane » permettait de fonder de grands espoirs sur son développement, mais pendant longtemps son activité fut entravée par le manque d'instailations suffisantes. Il a fallu attendre la fin du XIX° siècle pour que le vœu formulé par Arcère se réalisât. Une fois l'impulsion donnée, des travaux incessants furent entrepris qui sont en train de rendre le port de La Rochelle un des plus commodes et des mieux outillés de l'Atlantique, capable de concurrencer victorieusement ses deux rivaux de toujours : Nantes et Bordeaux.

Les conditions de développement d’un grand port de commerce

sont bien connues. Il faut d’abord une situation naturelle favorable : nous vivons à une époque, où la vitesse est devenue une des condi-

(1) Pertuis d’Antioche et pertuis breton.

tions de la réussite. Toute perte de temps se solde par un gros manque à gagner. Pour qu'un port puisse se développer, il doit être situé de façon à pouvoir bénéficier des grands courants commerciaux mondiaux.

Pour les attirer vers lui, son équipement doit être tel qu’il permette de réduire au minimum les délais d’accostage des paquebots et des cargos. Il faut améliorer les facilités d'accès et perfectionner l'outillage pour que les navires puissent effectuer leurs opérations à quai, en un temps minimum.

Mais, si de telles conditions sont, au premier chef, nécessaires, elles ne sont pas à elles seules suffisantes. Un port, même avec une situation naturelle satisfaisante et un outillage perfectionné, ne crée pas par lui seul un mouvement de trafic important. C’est un instrument, ce n’est pas un moteur. Un hinterland industriel doit exister pour lui fournir et absorber les produits transités.

L'arrière pays immédiat, si développé industriellement et commerciaiement soit-il, n’est généralement pas en état d'alimenter seul l’activité du port. Une dernière condition est encore nécessaire : il faut un réseau de routes et de voies ferrées ou fluviales, qui convergent vers lui et lui permettent de desservir les régions continentales les plus éloignées dont il devient ainsi le débouché naturel vers les pays d'outremer.

Le port de La Rochelle-Pallice occupe actuellement une place honorable dans la statistique du mouvement des ports français, dressée en 1031 par les soins du Ministère de la Marine Marchande. Il se classe au dixième rang tant pour le trafic total marchandises que pour le nombre de passagers embarqués ou débarqués. L'activité des Rochelais, les perfectionnements en cours et les projets d’avenir. cherchent par tous les moyens à améliorer ce classement.

Le but de cette étude sera de montrer, par un examen détaillé, ce qui a été fait et ce qu’il reste encore à faire dans cet ordre d'idées.

Première Pariie.

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