‹ Le Port de La Rochelle-PalliceChapitre 46 sur 50 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Avenir du port de La Rochelle

Les adversaires des travaux faits au port de La Rochelle-Pallice ont souvent objecté qu'il était inutile d'engager de si grosses dépenses dans un port, somme toute secondaire, et qu'il vaudrait mieux

“employer les crédits accordés par le Parlement à perfectionner quel-

ques-uns des grands ports existants et en particulier sur la côte Atlantique : Nantes et Bordeaux.

Certes, la tendance moderne a été trop souvent, de répartir, pour des fins électorales, une poussière de crédits sur une multitude de

petits ports incapables de se développer et traînant misérablement une

existence végétative.

Les travaux effectués à La Rochelle-Pallice ne partent pas de cette conception criticable : La Pallice était indispensable pour suppléer à certaines insuffisances des ports voisins et non pour leur faire

- concurrence. Comme le faisait remarquer dès 1890, Monsieur Vladi-

mir Môrch au président Carnot, lors de l’inauguration du bassin de a Pallice :..... Ce relèvement probable de La Rochelle ne saurait « inquiéter les ports voisins dont les marchés sont solidement établis. « L’échange augmente tous les jours et ne cessera de s’accroître en « vertu de lois aussi vieilles que le monde. Notre ambition se borne « à prendre notre juste part dans cet acrcoissement continu des échan- « ges et dans notre pensée, le port de La Pallice, loin de reposer « sur un amoindrissement des ports qui nous environnent paraît, au

« contraire, intéressé à leur existence, à leur prospérité. Il nous suffit, « en effet, de voir les ports anglais se multiplier et grandir les uns « à côté des autres pour croire plus que jamais à cette loi, que les « centres de mouvement se communiquent une force et une activité réciproque... »

La Rochelle entend donc bénéficier de ses avantages naturels pour assurer un développement harmonieux de son port. Trop souvent lésé au cours du XIX° siècle et au commencement du XX° siècle, au profit de voisins qui ont acquis de cette manière une avance considérable, elle désire maintenant une égalité de traitement avec ses rivaux.

Loin de nuire à ses voisins, comme le proclament ses détracteurs, elle n’a accru son trafic que dans la proportion où eux-mêmes se sont développés. C’est ce qui montre la comparaison des statistiques du trafic de Nantes, La Rochelle et Bordeaux :

Tonnage de jauge Tonnage march. Tonnage d'escale La Rochelle. 584.638 | 342.821 23.119 1890 Nantes, ..... 826.418 , 532.999 18.265 | Bordeaux .. 2.478.081 \ 2.108.587 | La Rochelle. 1.475.666 710.737 | 185.167 1900 Nantes,..... 12157479 098.798 62.(86 | Bordeaux ... 4.152.675 2.358.058 | La Rochelle. 2.531.522 1.026.584 549.286 1913 { Nantes... 2.100.017 1.963.715 361.887 Bordeaux ... 6.647.440 4.045.784 | 1.377.672

Les travaux d'amélioration de ces trois ports ont toujours été de pair. Alors que la loi du 21 Avril 1014 avait déclaré d'utilité publique les travaux d'amélioration du port de La Rochelle-Pallice, la loi du 7 Juillet 1913 avait déclaré d'utilité publique les travaux d’aménagement de la Loire Maritime.

Lorsque le programme des travaux à effectuer à La Pallice fut remanié en 1923, une autre loi en cette même année déclarait d'utilité

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publique la création d’une station d’escale pour les paquebots au Verdon afin de leur éviter les sujétions d’une remontée de la Gironde jusqu'à Bordeaux.

La conclusion à tirer de cette étude consiste à souligner une fois de plus l’avantage très grand que retirera la navigation des améliorations du port de La Rochelle-Pallice, et en particulier, de la création du môle d’escale. Sa construction rapidement menée n’est plus qu’une affaire de quelques années. La Pallice sera alors, sur l’Atlantique, la principale station d’escale pour les paquebots. Mais certains obstacles restent encore à vaincre : il faudra améliorer les relations ferroviaires avec l’intérieur de la France et l’Europe Centrale pour que le temps gagné au débarquement ne soit pas reperdu par la lenteur mise à gagner les grands centres.

Il faudra aussi désarmer l'hostilité de certains ports voisins ef arriver à une entente qui permette aux grandes Compagnies françaises de navigation de venir établir leurs têtes de ligne à La Pallice. En effet, les sociétés françaises de navigation, en contre partie des subventions qu’elles reçoivent de l'Etat, sont liées à lui par un cahier des charges strict qui leur impose les ports à desservir par lignes régulières. Ces cahiers des charges, établis à une époque où le déve-

loppement de La Pallice n’était encore qu’amorcé, ignorent les pos-

Sibilités et désignent toujours comme tête de ligne sur la côte atlantique Nantes ou Bordeaux.

Sans vouloir prendre partie dans la querelle qui oppose partisans et adverSaires des ports francs, signalons simplement que cette création d’un port et d’une zône franche qui a fait la fortune de certaines villes maritimes de l'Ancien Régime, peut s'effectuer facilement dans l’agglomération de La Pallice à cause de la création artificielle récente de cette dernière, du groupement des industries et des facilités de surveillance offertes. Cette création pourrait s'effectuer facilement, la Chambre de Commerce n’ayant pas cru devoir solliciter l’autonomie du port.

ll faut signaler en terminant que la crise économique actuelle et la constitution par tous les pays de fortes barrières douanières avec toutes les mesures de représailles qu’elles entraînent nécessairement sont des éléments peu favorables au développement des ports français. Pourtant, La Rochelle n'a, jusqu à présent été touchée que dans une mesure relativement minime. Le trafic, ces dernières années, reste à peu près stationnaire, mais il ne pourra manquer de croître rapidement lorsque les travaux entrepris seront achevés et il a devant lui des possibilités de développement presqu'illimitées.

Vu : le Doyen, Vu . le Président, BERTHÉLEMY. | H. TRUCHY.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris :

Pour le Recteur :

-L’Inspecteur de l’Académie, ]J. PERRON.

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