‹ Le Portefeuille de la jeunesseChapitre 37 sur 102 · L'HÉROÏNE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L'HÉROÏNE FRANÇAISE

Au mois d'août 1821 , une femme qui s'était distinguée dans les dernières guerres comparut devant les assises de Metz. Elle était prévenue de vagabondage et de voies de fait. On reconnut qu'elle avait servi depuis sa douzième année jusqu'à sa soixante-quatrième. Elle avait combattu sous les ordres de Luckner et de d'Estaing, et était restée trompette pendant neuf ans en Italie, en Egypte, en Allemagne , en Espagne et en Russie , où elle avait été faite prisonnière. Elle était revenue dans son pays pour y mourir en paix. Elle n'avait demandé au ministre ni la pension , ni la gratification qu'on devait à ses blessures. Cette femme belliqueuse avait conservé la vivacité de son premier état.

Ayant eu une querelle avec un aubergiste, elle se fit iustice elle-même d'une manière plus expéditive que régulière. Si l'accusation eût été prouvée , elle pouvait être

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condamnée à cinq ou dix ans d'emprisonnement. L'héroïque simplicité de cette femme fit beaucoup d'impression sur les juges. Elle parla de ses blessures, comme s'il s'agissait de bagatelles. Le tribunal l'acquitta à l'unanimité , et une souscription fut ouverte en sa faveur.

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