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CONDITION DES FEMMES

La condition des femmes a varié selon les siècles et les pays. Chez les Grecs , les femmes ne jouissaient pas du respect qu'on leur a rendu dans tous les pays où la civilisation a fait quelques progrès. « La femme la meilleure , dit Thucydides , est celle dont on parle le moins , en bien comme en mal. Le plus bel ornement d'une femme est le silence , son premier devoir est de vivre chez elle. » On allait même jusqu'à

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graver sur la tombe des femmes les emblèmes de leur domesticité. L'oiseau de nuit, le mors et les rênes qu'on retrouve si souvent dans les bas-reliefs des Grecs , sont autant d'allégories dont l'explication est presque une injure pour les femmes. On voulait par là les exhorter à montrer la vigilance de la chouette , la dextérité du conducteur de char dans le gouvernement de leur maison et apparemment la docilité du cheval.

Si la femme avait joui dans son intérieur d'une entière puissance , cela eût au moins compensé l'absence de tout autre privilège ; mais, quelle que fût l'autorité qu'elle exerçât sur ses nombreux esclaves , la soumission qu'elle exigeait rappelait trop l'obéissance passive qu'un maître impérieux réclamait d'elle à son tour.

Depuis la chute de l'empire romain jusqu'au quatorzième ou quinzième siècle, les femmes menèrent une vie très solitaire.

Presque étrangères à tous les plaisirs de la

société, elles sortaient rarement, à moins que ce ne fût pour assister aux divertissements publics. François Ier introduisit les femmes dans ses fêtes j avant lui on n'y voyait que de vieux politiques ou des guerriers bardés de fer.

Platon se ré]ouissait de ne point être femme. Swift les considérait comme une espèce un peu au-dessus du singe. Les Turcs ne croient pas qu'elles aient une âme. Les Grecs pensaient que le comble de l'avilissement était d'être gouverné par une femme, et l'on voit , d'après la loi salique, que les Francs avaient la même opinion. Cependant les femmes étaient en grande vénération parmi les anciens Germains. Tacite nous apprend que leurs maris leur montraient la confiance la plus illimitée dans les affaires domestiques; il dit même qu'elles les accompagnaient à la guerre. Les Germains portaient si loin le respect pour les femmes qu'ils leur attribuaient quelque chose de divin. Cette

croyance avait tant d'empire chez les peuplades les plus sauvages , que souvent les femmes y exerçaient une autorité souveraine au nom de la Divinité. On pourrait citer des exemples semblables parmi les anciens Bretons. Ainsi Boadicée et Cartismandua tinrent le sceptre de l'Angleterre.

II est d'autres nations , surtout celles de l'Orient , chez lesquelles la condition des femmes est bien différente. Il paraît qu'à la Chine elles se trouvent à l'extrémité de l'échelle sociale. Elles ont peu ou point de privilèges, et sont soumises à la surveillance la plus tyrannique. On pense que la coutume d'emprisonner leurs pieds dans d'étroites chaussures est inspirée par des idées de despotisme conjugal.

Les proverbes des Chinois expriment l'opinion que ces peuples ont des femmes. « La famille, disent ces maximes, où se trouve une femme coquette, n'a rien à craindre des voleurs ; sa pauvreté la garantira des larcins. » — « Quand la poule

(liante le matin , les affaires domestiques sont en mauvais état.»

Chez les Hindous , les femmes sont réduites à la condition la plus vile. Jamais elles ne prennent place à la table de leurs maris; elles mangent leurs restes avec les plus jeunes enfants. Jamais elles ne prononcent le nom de leurs maris. Lorsqu'ils les appellent , elles ne répondent que par une interjection, comme Hé! Ho! etc.

Lorsqu'elles parlent de lui , elles lui donnent le nom de maître ou d'homme de la maison. Jamais elles ne se montrent dans leur société, même chez elles ; elles restent dans une autre chambre tandis que leurs maris fument avec les convives.

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