‹ Le Portefeuille de la jeunesseChapitre 59 sur 102 · LES T ART ARES · texte numérisé non relu

LES T ART ARES

Quoique la loi mahométane permette la pluralité des femmes , la plupart des Tartares n'en ont cependant qu'une. Tant qu'ils continuent à vivre en bonne intelligence avec la première, il leur arrive rarement d'en prendre une seconde. Leurs vi. i5

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noces se célèbrent avec magnificence , et souvent un paysan tartare fait à son mariage une dépense de mille à deux mille roubles. Un Tartare père de plusieurs filles ne marie jamais la plus jeune avant l'aînée. La fille d'un murza ne peut pas épouser un paysan. Une femme tartare est entièrement esclave de son mari ; il ne la regarde que comme un moyen de fortune ou d'avancement. Cependant , chez les paysans moins soumis au joug de la société , la nature reprend ses droits , et on trouve souvent une affection mutuelle.

Mais leur religion , qui exerce toute l'influence des anciennes coutumes, leur apprend à réprimer tous les élans de l'âme. Lorsqu'un murza se rend chez ses femmes , elles se lèvent toutes à son entrée ; le même cérémonial s'observe quand il sort de l'appartement.

Mais , quoiqu'un Tartare soit maître absolu et ne considère sa femme que comme son esclave , cependant il la traite avec

bonté , et l'on cite peu d'exemples de mariages malheureux. Lorsqu'un mari bat sa femme ou abuse de son pouvoir, elle peut se plaindre au mulla. Celui-ci, accompagné des principaux du village , se rend à la maison , et prononce une séparation dans les formes. La femme retourne alors dans sa famille.

Les femmes tartares ont beaucoup de tendresse pour leurs enfants , elles les nourrissent jusqu'à deux et trois ans ', elles s'étonnent que dans nos pays civilisés on sèvre les enfants de si bonne heure.

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