LA FEMME CORSAIRE
Jeanne de Belville , veuve de ce Clisson qui eut la tête tranchée à Paris en 1 34^ , comme soupçonné d'avoir entretenu une correspondance avec les Anglais et le comte de Montfort , éprouva le plus vif chagrin de la mort de son mari , et fut révoltée de l'injustice dont elle le croyait victime. Elle envoya secrètement son fils à Londres. Lorsqu'elle fut tranquille sur son
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sort, elle vendit ses bijoux, arma trois vaisseaux et s'embarqua pour venger la mort de Clisson sur tous les Français quelle pourrait rencontrer.
La femme corsaire fit plusieurs descentes en Normandie , où elle prit d'assaut des citadelles ; les habitants de la province virent, à la lueur des villages embrasés, une des plus belles femmes de l'Europe , un sabre d'une main et de l'autre une torche , excitant ses troupes au carnage et contemplant avec joie toutes les horreurs de la guerre.