LAD Y SHEFFIELD
Lorsqu'à la suite de la révolution française , des émigrés malheureux vinrent chercher un asyle en Angleterre , parmi les habitants de cette île généreuse qui se montrèrent le plus disposés à secourir l'infortune on remarqua lord Sheffield et sa femme ; tous deux rivalisèrent de bonté envers les émigrés. Les hommes et les femmes de tout rang et de toute opinion trouvèrent auprès d'eux asyle, secours et protection. Lady Sheffield avait pour eux les attentions les plus touchantes ; elle voulait elle-même pourvoir à leurs
LES FEMMES. l'j'j
besoins , et la présence de la bienfaitrice , loin de blesser leur délicatesse , ajoutait un nouveau prix au bienfait. De concert avec son mari , elle chargeait ses amis de lui indiquer les malheureux malades émigrés , qu'elle plaçait dans un hôpital dont son père était directeur. Après s'être ainsi dé%rouée au culte de la bienfaisance , elle fut enfin victime de son zèle. Depuis quelque temps elle éprouvait une douleur violente et presque continuelle dans le côté , sans vouloir suspendre un instant ses œu-< vres d'humanité. Elle venait de former un établissement destiné à recevoir les Français atteints de maladies contagieuses. Le vendredi saint , l'an i jcfî , ayant passé deux heures dans cet hôpital et deux autres à l'église , par un temps extrêmement froid, elle tomba malade , le lendemain , dune pleurésie , qui la mena au tombeau le mardi suivant.