‹ Le Portefeuille de la jeunesseChapitre 63 sur 102 · LES MAURES · texte numérisé non relu

LES MAURES

Les Maures , dit Mungo-Parke , dans ses voyages , ont des idées singulières sur la beauté des femmes : les grâces de la figure et des manières , la vivacité de la physionomie, excitent peu leur attention ; pour eux l'embonpoint et la beauté sont synonymes. Une femme ordinaire ne doit pas pouvoir marcher sans être soutenue par deux esclaves ; une beauté accomplie pèse la charge d'un chameau. Pour satisfaire le goût dominant , les femmes maures se donnent beaucoup de peine afin de prendre de bonne heure l'embonpoint raisonnable : aussi les mères forcent-elles leurs filles à manger une grande quantité de kouskous et à boire tous les matins des bols de lait de chameau. On s'embarrasse peu que la jeune fille ait faim ou non. J'en ai vue une qui pleura pendant une heure avec son bol à la main : sa mère las

menaçait du bâton toutes les fois qu'elle cessait de boire, et souvent l'effet suivait de près la menace. Cette coutume singulière, loin de nuire à la santé, donne aux jeunes filles cet embonpoint qui, aux yeux des Maures , est le plus haut degré de la perfection.

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