‹ Le Portefeuille de la jeunesseChapitre 7 sur 102 · LA MÈRE SPARTIATE · texte numérisé non relu

LA MÈRE SPARTIATE

Quand Agis, roi de Sparte, fut mis à mort, Ampharès , qui l'avait trahi indignement , rencontra Agesistrata , mère d'Agis. Cette femme affligée s'étant jetée à ses pieds , il l'assura qu'elle n'avait plus rien à craindre pour son fils , et lui dit qu'il ne tenait qu'à elle d'aller le voir dans sa prison. Agesistrata demanda la même permission pour sa mère. Ampharès la lui accorda ; mais à peine étaient-elles entrées dans la prison, qu'Archidamie fut conduite dans la chambre où Agis avait reçu la mort, et y subit le même suppHce. Agesistrata'fut admise un moment après. A la vue des cadavres de son fils et de sa mère pendue dans la même chambre , elle pâlit d'horreur; mais , reprenant son courage , elle pria les soldats de détacher le corps de sa mère, le recouvrit, et le plaça à côté de son fils. Alors elle l'embrassa en s'é-

criant : « O mon fils! c'est ta grande bonté qui est la cause de ta fin prématurée. » Ampharès, qui se trouvait derrière la porte , l'avait entendue , il s'élança dans la chambre comme un furieux , et lui dit : « Puisque vous approuvez les actions de votre fils, vous partagerez son sort. » Agesistrata se releva , et vint s'offrir au fer de ses persécuteurs , en s'écriant : « Fassent les dieux que ce soit pour le bonheur de Sparte! » Elle souffrit la mort avec une fermeté qui arracha des larmes même à ses bourreaux.

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