‹ Le Portefeuille de la jeunesseChapitre 6 sur 102 · PIÉTÉ FILIALE DUNE JEUNE ROMAINE · texte numérisé non relu

PIÉTÉ FILIALE DUNE JEUNE ROMAINE

Une dame romaiue , accusée d'un crime capital devant le prêteur, fut condamnée à mort et livrée au bourreau pour être étranglée dans sa prison. Les larmes de la coupable touchèrent vivement cet homme , qui résolut de la laisser mourir de faim, plutôt que de lui arracher la vie. vi. 5

Par une suite de eette compassion , il permît à la fille de cette femme de venir de temps en temps la visiter, mais après avoir examiné avec le soin le plus scrupuleux si elle n'apportait point de vivres avec elle. Plusieurs jours se passèrent de la sorte, et le bourreau , surpris de ce que sa prisonnière vivait si long-temps , observa sa fille avec plus d'attention encore. Quel spectacle alors s'offrit à ses regards ! Il vit cette généreuse fille allaiter elle-même son infortunée mère. Il avertit aussitôt le préteur ; ce magistrat alla raconter au consul ce fait extraordinaire ; bientôt toute la ville en fut informée. On courut en foule à la prison ; on en fit sortir comme en triomphe la coupable et sa fille , et le peuple romain , pénétré de cet acte inouï de piété filiale , pardonna à l'une et assigna «\ l'autre une pension considérable sur le trésor public.

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