‹ Le Portefeuille de la jeunesseChapitre 80 sur 102 · MISS SEWARD · texte numérisé non relu

MISS SEWARD

Le père de miss Seward , assez remarquable lui-même par ses talents comme poète , crut reconnaître les germes du génie dans sa fille encore enfant , et résolut de les développer. Elle avait à peine trois ans lorsqu'il lui apprit à répéter l'allégro de Milton; à neuf ans elle savait les trois premiers livres du Paradis ■perdu, et elle en disait les vers avec ces inflexions variées qui seules peuvent rendre avec grâce et énergie le mètre harmonieux du poème. On lui a entendu dire que la sublimité des idées , le charme et la majesté des vers , lui arrachaient des larmes de plaisir, tandis qu'elle cherchait à fixer un morceau dans sa mémoire.

Elle ne se contenta point d'admirer la

LES FEMMES. 2o3

poésie, elle voulut être poète. Le docteur Darwin, ayant vu quelques morceaux de sa composition, crut que son père l'avait aidée. Il voulut mettre le jeune auteur à l'épreuve. Un soir que Je père était sorti , le docteur rendit visite à miss Seward et la pria de lui composer quelques vers sur un sujet qu'elle choisirait elle-même : « Je vais, ajouta-t-il, vous commencer une stance, et vous vous chargerez de la finir. »

Le lendemain elle lui remit un poème qui le convainquit du talent de la jeune tille.

Quelques années après , étant assise dans le jardin de son père, elle composa une élégie sur la mort de sa sœur. D'autres poésies s'échappèrent bientôt de sa plume ; mais ce ne fut que lorsqu'elle eut fait la connaissance de lady Miller de Bat h Easton , protectrice du talent et des gens de lettres, que ses productions parurent pour la première fois. Entrée dans la carrière, elle ne s^arrêta plus; et ses ouvrages

lui assignent un rang distingué parmi les

Anglaises qui ont cultivé les muses.

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