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ORIGINE DES CORSETS

Les systèmes des Hogart , des Edmond- Burck , des Winkelman , des Lavater, sont ingénieux sans doute , mais comme tous les efforts de notre volonté , réunis à ceux de l'art, ne pourraient procurer aux femmes les formes célestes de la Vénus de Praxitèle, il importe plus de savoir conserver la beauté, quand elle existe, que de déterminer les lignes fugitives qui la caractérisent.

Il est probable que, de toute antiquité, la nécessité de soutenir leur taille dans les douleurs maternelles , les travaux domestiques ou les exercices de la danse , a forcé les femmes à faire usage de la ceinture. Tant qu'elle n'eut d'autre attribution que de réunir avec grâce les plis d'une robe flottante , elle fut un ornement à la fois

utile et agréable. Les anciens avaient plusieurs sortes de ceintures. L'une , uniquement destinée à conserver à la poitrine sa forme sphérique , se nommait chez les Grecs ruenidion , et chez les Romains sirophium. Catulle et Ovide prescrivent aux femmes des règles sur l'emploi de cette bandelette ; elle était à Rome d'un usage si général, qu'il y avait une classe de marchands appelés strophiarii. L'autre, nommée tainia-zona, et quelquefois mitra, était destinée à ceindre la taille et à fixer les plis onduleux des draperies.

Un auteur allemand, M. Boettinger, dans un charmant ouvrage connu sous le titre d'L ne matinée d'une dame romaine , nous indique d'une manière précise comment s'attachait le sirophium ou bandelette de la poitrine.

« Sabine , dit-il , a mis la tunique de dessous qui correspond à la chemise. Cette tunique était attachée sous la poitrine, vi. 18

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jusqu'à ce que la toilette fut achevée. La jeune Cypassis détache cette ceinture, et entoure ensuite sa maîtresse avec une bandelette de pourpre qui tenait lieu aux femmes de L'antiquité de huscs et de corsets élastiques, ce qui était à la l'ois plus simple et plus commode, »

Les corps de baleine que l'on fait porter aux jeunes personnes pour leur conserver la beauté de la taille sont directement contraires à cette destination , et , de plus , cet usage est sujet à des inconvénients bien graves. La taille humaine a été dessinée par la nature, et sa plus belleforme est sans contredit celle qu'elle lui a donnée : vouloir la rendre plus élégante , c'est l'altérer; l'amincir par en bas et l'évaser par en haut, c'est l'enlaidir; mettre le corps à la gêne dans cette espèce de cuirasse, c'est le meurtrir, c'est le déformer entièrement.

L'objet du corset est uniquement de soutenir la taille , mais il ne faut pas que

la compression soit assez, forte pour gêner l'action des muscles ni celle des viscères de la poitrine. Tout corset qui ne Remplirait pas ces conditions est vicieux et même nuisible.

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