‹ Le Portefeuille de la jeunesseChapitre 84 sur 102 · BONTÉ DE MARIE-THÉRÈSE · texte numérisé non relu

BONTÉ DE MARIE-THÉRÈSE

L'impératrice - reine Marie -Thérèse , étant à Luxembourg, y reçut un message de la part d'une femme âgée de cent huit ans , qui , pendant plusieurs années , n'avait pas manqué de se présenter, le jour du jeudi-saint , pour être au nombre des pauvres auxquels cette auguste princesse lavait les pieds. Depuis deux ans ses infirmités l'avaient empêchée de se rendre au palais. Elle fit dire à l'impératrice qu'elle avait le plus vif regret de n'avoir pu se trouver à cette pieuse cérémonie , non pas

tant à cause de l'honneur qu'elle aurait reçu que parce qu'elle avait été privée bonheur de voir une souveraine adorée.

La princesse , touchée du message de la centenaire , se rendit elle-même dans le village qu'elle habitait. Elle ne dédaigna pas d'entrer dans la misérable cabane. Elle la trouva sur un grabat où la retenaient ses infirmités, compagnes inséparables de l'âge. « Vous regrettez de ne m'avoir point vue, lui dit la généreuse Marie-Thérèse : consolez-vous , je viens vous voir. » Elle fut attendrie de la situation et de l'air pénétré de la vieille femme, qui regrettait de ne pouvoir sortir de son lit pour se jeter à ses pieds. Elle l'entretint long-temps , et lui laissa , en se retirant , une somme d'argent pour lui procurer les secours dont elle avait besoin.

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