LA FEMME MÉDECIN
Agnodicc, jeune Athénienne, ne pouvant suivre son attrait pour la médecine en allant entendre ceux qui renseignaient, parce que les lois d'Athènes défendaient aux lilles d'exercer cet art, prit un habit d'homme, et , déguisée de la sorte , se fit disciple d'Hérophilc, savant docteur, des leçons duquel elle sut bien profiter. Un jour, s'étant présentée à une femme qui était sur le point d'accoucher, celle-ci refusa ses services , prenant Agnodice pour un homme. La jeune artiste fit connaître son sexe. Ses services furent acceptés , et l'heureux succès de son opération la mit dans un grand crédit auprès des femmes. Mais les médecins la calomnièrent , ce qui l'obligea de dire ce qu'elle était. Alors elle fut déférée à l'aréopage, comme ayant désobéi à la loi, et peut-être eût- elle été condamnée , si ses clientes , par leurs vives vi. iq
sollicitations, n'eussent fait abroger celle ordonnance injuste.
LES CITOYENNES D'AGRIA.
Au siège d'Agria par les Turcs, en 1 566, les femmes , animées d'un beau zèle, disputèrent aux hommes la gloire de défendre la patrie. Elles portaient aux guerrier-, de lhuile , de la poix , de l'eau bouillante, que l'on versait sur les infidèles qui voulaient escalader les remparts. L'une, s'avançant avec une pierre qu'elle allait jeter sur les Turcs, fut atteinte par un boulet de canon qui lui emporta la tête. Sa fille , la voyant tomber à ses côtés, prit la pierre, la lança contre les ennemis , courut en fureur au milieu deux , à travers la brèche , en tua plusieurs , en blessa d'autres, et sacrifia sa vie à la vengeance de celle dont elle l'avait reçue. Une de ses concitoyennes , combattant sur le parapet , vit son gendre renversé par terre d'un coup
de feu . ci dit à sa femme d'emporter le cadavre pour lui rendre les derniers devoirs. « Il est un devoir plus sacre', répondit-elle , c'est de défendre la religion et la patrie, et je leur donnerai jusqu'à la dernière goutte de mon sang. » Les officiers qui commandaient dans la place n'eurent pas de motifs plus puissants pour animer les soldats que de leur proposer l'exemple de ces femmes courageuses.