‹ Le Portefeuille de la jeunesseChapitre 88 sur 102 · LA SOEUR DE DUGUESCLIN · texte numérisé non relu

LA SOEUR DE DUGUESCLIN

Un aventurier anglais nommé Felleton , voulant signaler sa valeur par quelque exploit remarquable, vint, à la faveur d'une nuit obscure , escalader le château de Pontorson, en Basse-Normandie. Bertrand Duguesclin , qui y commandait , était absent. L'officier anglais s'était ménagé une intelligence secrète avec deux chambrières de la dame Duguesclin , qui demeurait dans la place avec Julienne Duguesclin , religieuse, sœur de son mari, et tante de Bertrand. Il s'approche : tout le monde était plongé dans un profond sommeil. Il

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donne aux perfides suivantes le signal eonvenu. Déjà il avait dressé quinze échelles contre les murs de la tour, lorsque la dame Duguesclin, qui dans le moment rêvait qu'on surprenait le château , se réveille au bruit que font les Anglais , et s'écrie qu'on attaque la place. Julienne Duguesclin , qui couchait avec elle , se jette hors du lit j et cette intrépide religieuse , digne en tout de sa race , prend la première arme qu'elle trouve , monte sur le haut de la tour, et voyant les échelles dont les Anglais n'avaient pas encore gagné les derniers échelons , elle les renverse par terre, en criant Alarme! pour appeler la garnison à la défense du château. Felleton, se voyant découvert , prend le parti de la retraite; mais à quelque pas de là il rencon. tre Duguesclin, qui le fait prisonnier. On apprit de lui la trahison des deux chambrières : la rivière qui coule aux pieds de la forteresse offrit à ces deux misérables un tombeau digne de leur perfidie.

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