SCÈNE X
LES MÊMES, exceplé KERVEGUEN el HENRI, puis MARCEL.
Lagore (à Maurice, à qui l’on a attaché les bras\.—-Allons, mon drôle, descendons.
: Mouvement de Maurice .\
GARNIER. — Bah ! laissez-le encore respirer l'air pendant quelques instants.
Lago1ë.-— Mais l’ordre du commandant...
vale, je devrais 11e.
pas cela, mon vie...
rbleu, je ne le non plus le lais- .) Maître Lajoie, fond de cale avec ant tout le voyage an passager ordi-
1, commandant ; mauvaise pêche- , malheur de la
e vous dis. Arricet homme au
n SOPL...
re, Vous inlercé-
, oui... Allons, le thé. Tout va
1, commandant.
UEN ef HENRI,
l’on a attaché les cendons.
encore respirer |
mmandant...
GARNIER.—Je prends tout sur moi,
LAJOTE (à /aurice). — Alors, étends-toi là, dans ce coin. (Aux autres.) C’est celui du chien. (Garnier sort.)
Tous (riant).—Ah! ah! ah!
LAJOIE.—Et c’est encore trop bon pour lui, (On fait étendre Maurice près du bastingayge à droite, et on l’attache avec une Conde).
MarceL (entrant).—Hé ! père Lajoie !.… LAJOIE.—Te voilà, toi; d’où sors-tu ?
MARCEL. — Ah! parbleu, de la cambuse j'apporte le bidon et les gobelets.
Tous.—Hourra !... (Chacun prend un verre et puise au bidon.)
Oui, oui!
Bouquin. - Et la narration d'usage, en trois ompartiments, bord, bâbord et tribord… C'est noi qui m'en charge.
Tous.—Hourra !...
BOUQUIN (chantant). —
Cassons-nous les reins et buvons du grog !
Et vive là bombance ! à Que chacun boive et danse !
Et fric et froc, et zig et zog.
(/ls dansent sur le refrain.) Tous (chantant et buvant). —
Cassons-nous les reins.
L etc,
BOUQuIN.—Attention, les amis, ouvrez vos Lécoutilles... Je vas vous narrer la chose du iVaisseau-Monstre.
Tous.—Oui, ouii...
BouquiN.— Vous croyez peut-être, tas de novices que vous êtes, que ce Vaisseau-Monstre . était un monstre de vaisseau ?.… Au contraire, M mes enfants, c'était un bijou, un vrai bijou qui n'avait pas son pareil, car ce n’était ni un trois- M ponts, ni un brick, ni une corvette, ni une fré- 4 gate, ni un yacht, ni un sloop, ni une goélette, M. ni un lougre, ni une galère, ni une gondole, nil, un chasse-marée, ni rien de tout Ça. à
Tous.— Qu'est-ce que c'était donc ? 4
BOUQuIN.—C'était un vaisseau monstre !... Fi. gurez-Vous, mes enfants, que pour faire son
inspection de l'avant à l'arrière, le capitaine,
montait en voiture, et il mettait une semaine @,. pour aller, et une semaine pod revenir. Et pour grimper au banc de quart, mes amours, il 4 y avait autant de marches à monter qu à la tour Notre-Dame ; et pour ce qui est des mâts, figu FEZ-VOUS que, pour toucher à la grande hune en montant par bäbord et redescendant par tri- ff bord, vous seriez montés mousses et vous seriez @ descendus vieux contre-maîtres, comme moi-.. ve Et voilà ce que c'était que le Vaisseau-Monstre, Sf
(Chantant.)
Cassons-nous les reins, et buvons du grog, etc.
Tous (chantant). —
Cassons-nous les reins, et buvons du grog, etc.
BouQuIN.—Maintenant, j'ai le gosier trop sec À pour continuer, Marcel va vous narrer la suite,
Tous. — Oui, oui. “
DANIEL. Lui! ce farceur de Parisien ! il
BovQuiIN.—Cargue ta langue, Daniel, ou je te M tampoune.
TOUS. — Gui, oui !..,
eut-être, tas de noe Vaisseau-Monstre
BouquIN (à Warcel).—Parle, toi, MarcEL.—V'là ce que c’est: Le Capitaine du u ?... Au contraire, aisseau-Monstre, un vrai monstre, par consé- , Un vrai bijou AU Quent, celui-là 1... le capitaine, done, pour ce n'était mun trois- était de la beauté de sa personne et de Ja orvelle, ni une fré- ouceur de son caractère, tenait le milieu entre p, ni une goélette, 1 Auvergnat et le Bas-Breton : avec Ça qu'il ni une gondole, ni tait poli comme un ours et éduqué dans le out Ça. enre du défunt camarade dont nous avons it donc ? . Mhangé les saucisses.
au monstre !... Fi rois (riant).—Ah! ah! ah!
ie pour faire SOU MarRCEL.—Et tout l'équipage était À l’averière, le Capitaine Mit... c'étaient tous des Daniels, mes enfants, etait une SEMAINES vrais Daniels. (Aère général.) oi revenir. EtE Di vier (furieux).—Ah 1! mais, Parisien, pas rt, mes amours, il Kiluvion... ou, sinon.
nonter qu à la tour M BOUQUIN (à Daniel, en lui allongeant un Coup est des mâts, ficu poing). - Silence, lillot, ou je lape !.…,
à la grande hune, | MARCEL. — Pour lors, le Vaisseau-Monstre nalescendant par Lie Mouait depuis pas mal d'années, quand l’aide- Isses el vous seriez Bbier avisa de loin une merveille... Cette mer- 5, Comme MOI... lle ‘était un Sloop, mes enfants... mais quel aisseau-Monstre, $ » vec des voiles en soie
MDOp :... blanc et or ns roses, des cordages en
eu clair, des pavillo ns du grog, etc. ME d'or et de soie, des canons en argent, et des MAIS en or massif. et ! équipage !... Oh ! l'équi-
be chantait à tue-tête (chantant) :
s du grog, etc.
: Rrog; *) Cassons-nous les reins, et buvons du grog, etc. le gosier trop sec M
S narrer la suite, BMUUS ‘ckantant) .—
. #7 Cassons-nous les reins > Parisien ! n. 4 den:
; Daniel, ou je te DU /1s boivent et dansent. Pas de matelots. À la
avons du grog, etc.
my "#2 ratclots remontent en criant au feu !) MAIOIE. —Le feu !L... où ça ?
RU
LE MATELOT.—Dans la cambuse... et il gagne Ke l’entrepont. nba Lagote.—Le feu que nous croyions éteint! | Ah! je le disais bien, c’est ce maudit forçat quoi n nous porte malheur !... Commençons par nous Hen débarrasser de lui !.…. Dre.
Tous.—Ouil à la mer! à la mer! (44 s'a-ŒKker vancent vers Maurice qui est attaché à gauche.) Wii 0 KERVEGUEN ( paraissant).—Quels sont ces cris, He
ce tumulte ? à Bou Lagyoie.—Le feu à bord, commandant, ® son KERVEGUEN.—Comiment a-t-1l pris ? Mau
BouquiN.—On ne sait pas... Peut être les@fant. deux mutins enchaînés à fond de cale. :
KERVEGUEN.—Chacun à son poste et surtouth pas de désordre. Lieutenant, faites fermer lesh panneaux pour éviter les courants d'air... Bouquin, noyez les poudres... Docteur, faites trans-s porter les blessés dans la batterie. Je descend: moi-même pour m'assurer de l’état des choses.ls (1i descend.) LE LIEUTENANT.—Carguez les voiles ! (Dell mousses montent aux cordages. ) KERVEGUEN (en dessous). — Faites jouer leibl pompes. (Le commandement se répète en dessous.}s BouquiN.—Aux pompes tout le monde ! (Zu multe, le feu se fait jour à traners le plancher.) KERVEGUEN. — Enfants! tout est perdu !..4 plus d’espoir de sauver la frégate !... Travaillonss à un radeau pour gagner la côte; c’est notre seule chance de salut... Alerte, eufits ! :
Tous.—Au radeau!... (//s se précipitent. O1 entend le bruit des marteau: et les planches qu tombent.) à Maurice.—Au nom du ciel ! laissez- moi aides les travailleurs !
ise... el il gagne 2 KERVEGUEN.—Va donc ! (Grand tumulte.) Les
croyions éteint!
Ænbarcations à la mer !.
Lis les enfants et les novices. le lieutenant et
naudit forçcat quil lençons par nousk
a mer! (ls s’a-i
aché à gauche.)
mandant, pris ?
le Cale,
poste et surtout aites fermer lesk Bou-
eur, faites trans-l
nts d'air...
) Moi, et le ciel te sauve !
iels sont ces cris, à Bouquin.— Vite ! vite ! (1! arrache des bras æe son pere.) Maurice (à part).—Ah!
. Peut être lcs8 de
ie... Je descendik
’état des choses.ls
es voiles! (24
Faites jouer le:ls épète en dessous.}S le monde ! (Tu
rs le plancher.)
t est perdu !...4 e !... Travaillond côte ; c’est notr
eufauits !
> précipitent. O1 t les planches qu
laissez- moi aide
se
.… Les malades d’abord,
joi nous embarquerons les derniers.
[HENRI (s'élançant de la cabine). Ah! mon ère, laissez-moi rester auprès de
vous...
KERVEGUEN.—C'est impossible ! Embrasse-
HENRI. —Mon père!
\ je veillerai sur faut. (Grand tableau d'incendie) #
(RiDEAU.)
tre