LES MÊMES, MAURICE
KERVEGUEN.—Ah ça !
"remis sur pied et en él ne de Brest ou dé, me dire en deux
gnon; et probable &t d'où tu viens, (
maintenant que te voilà at de me répondre, tu mots, mon garçon, qui tu
aurice se tait.) Tu gardes seront jetés dans M le silence ?... Mes questions t'embarrassent , avec l'espoir d'êtr done beaucoup ?.. ,
ent étranger. ; MAURICE.—I] est vrai, commandant
‘+. Car je -vous ? Comment, voudrais pas mentir, et KERVEGUEN.—Et tu n’oses avouer la vérité ?... ive ! M'étant ape th bien, je vais te la dire, moi. (Lui faisant au pied, je me su signe d'approcher.) Tu es un forçat ! it, et j'ai reconnu Mavnrce (frappé).—Ah !
© KERVEGUEN.— Est-ce [a vérité? Ré . MAURICE (accablé). —C'est la vérité dise pas que j'ai PS KERVEGUEN (aux matelot Brest pendant ui
. Mau secours de cet ho un des chirurgierss
ponds |
S).—Enfants, en allant nine, nous avons fait notre evoir; ne regrettons pas d’en avoir sauvé un ; ‘nais, sacrebleu ! nous aurions mérité que ce
: AO M A ai avez fait AUCUN Ut un honnête homme !
accent pénétrant). —Monel j'ai été bien près de
MAURICE (avec un "Mieur, Dieu m'entend, > mort certaine, j: paraître devant lui. .. Eh bien, je jure par son uner en repos. Saint nom, que je n’ai jamais commis une action
mais je ne puis lag; pût me rendre indigne de la Commisération
munication avec CM es cœurs honnêtes,
Bouquin ! (Bouçus HENRI. —Que dit-il ?
ché ! (.. Henri.) "à MAURICE. —La justice humaine à ses Jours
ut se méfier d'ierreue et de faiblesse; j'ai été condamé,
Mais je suis innocent !
KERVEGUEN.—Je m'attendais à cette conclu-
On... Vous ne savez donc pas que j'ai été trois
2 Commandant du port de Brest. Eh bien, je
fai pas vu un seul malfaiteur, pas un, qui ne
dant ; le malhei
Ah! ce n'est
Te
protestât, comme vous, de son innocence; chacuu d'eux à sa petite histoire, et les juges qui les ont condamnés se sont tous lrompés... comme les vôtres, sans doute ?
MauniCE. — de n'accuse ni leur probité ni leurs lumières, monsieur ; et pourtant ils ont condamné un innocent !
KERVEGUEN.—Ht pour quel crime avez-vous êlé condamné ?
MAURICE. - On m'a accusé d'avoir... d'avoir assassiné un banquier à Paris... pour,,, pour le voler!,,, moi!
KERVEGUEN.—Attendez donc... Il y à huit ou dix mois... je crois ?
MAURICE. Oui...
KERVEGUEN.—Ce banquier ne s'appelait-il pas Duromé? Et toi, ne serais-tu pas le üoinmé Muurice ?
MAURICE.—Oui, monsieur...
KERVEGUEN.—C'est ça... je me rappelle...
j'ai lu le compte rendu de ce procès... Tu as protesté avec chaleur, comme tu viens de le faire, et tu as failli ébranler tes juges: mais les faits étaient trop clairs. Quelqu'un avait remis au malheureux banquier, peu d’instants avant le meurtre, une somme de trente mnille livres en bons au porteur, qu’on Jui avait vu serrer dans son portefeuille, et toi, après l'avoir frappé, tu lui as volé ce portefeuille !...,
MauRICF.—Je ne l'ai ni frappé ni volé, et, quant au portefeuille...
KRERVEGUEN.—La justice ne l’a pas retrouvé chez toi, c’est vrai; mais, en revanche, tu étais nanti des trente mille livres en bons au porteur qui lai ævaient appartenu, et tu avais, en outre, dix mille livres en or,
pO
nocence ; chat les juges qui npés... comme
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é ni volé, et,
pas retrouvé nche, tu étais ns au porteur ais, en outre,
MauRICE.—Cetic somme était le prix d’une parure Vendue par moi à M. Duromé.
KERVEGUEN, — Oui, c'est ce que lu as prétendu... mais cette parure n'a pas été retrouvée Chez la victime... Et puis, quelle était cette p'a-
ire ? d'où venait-elle ? c'est ce que tu n'as pas su expliquer...
MAURICE. Hélas ! monsieur, la personne de qui je tenais ce joyau était morte Le l'inter- \alle.., :/l se couvre les Yeux et pleure.) Sous le poids de témoignages accablants, redoutant une condamnation, je n’ai pas dû livrer au déshonneur sa sainte mémoire et le nom d’une famille irréprochible.. . J'ai subi ma destinée.
KERVEGUEN.—Enfin... tu as été convaincu.
et l'on l’a condamné à être roué vif en place de Grève,
MAURICE. J'aurais préféré la mort aux galères !
KERVEGUEN.—La clémence du roi a été grande à ton égard ; car je crois me rappeler qu’il t'a fait grâce, non seulement de la vie, rmuts aussi de la flétrissure que la loi imprime aux galériens.
MauRICE.— (est vrai... lui seui a su le nom de ma famille; il lui a épargné ceite honte incffaçable
KERVEGUEN.—Et c'est en reconnaissance de cette clémence que tu as rompu ta chaine, espe rant sans doute passer en pays étranger, pour y commettre quelque nouveau forfait.
MAURICE. — Ah! de grâce, épargnez-moi, monsieur...
KERVEGUEN. - Tu parles bien, l'ami, et tu ne manques pas d'une certaine adresse pour te poser en victime... de mains fins y seraient trompés... mais tu n'as pas affaire à des novices.
Commandant de la marine royale, je devrais te faire pendre à la grande vergue.
HENRI.—Ah! vous ne ferez pas cela, mon père. après lui avoir sauvé la vie...
KERVEGUEN. — Eh! non, morbleu, je ne le ferai pas ; mais je ne puis pas non plus le laisser libre à mon bord. (A ZLajote.) Maître Lajoie, vous énfermerez cet homme à fond de cale avec les mutins, en pourvoyant pendant tout le voyage à ses besoins, comme si c’était un passager ordinaire.
Lago1e.—Vous êtes trop bon, commandant ; à votre place, je rejetterais cette mauvaise pêchelà à la mer; ça nous portera malheur de la garder à bord.
KERVEGUEN.—Faites ce que je vous dis. Arrivé à la Martinique, je livrerai cet homme au gouverneur, qui décidera de son sort.
HENRI.—Au moins, mon père, vous Inlercéderez pour lui !
KeRrvEGUEN.—S'il le mérite, oui... Allons, descends, nous allons prendre le thé. Tout va bien, lieutenant ?
LE LIEUTENANT. — "Très bien, commandant.
(Kerveguen et Henri descendent.)