‹ Le Portrait du diable, comédie en 1 acte, mêlée de coupletsChapitre 15 sur 16 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les Mêmes , PÉLISSON.

jol'blin. Comment!., il se pourrait!., jeune homme, vous avez 14 une ambition !. . mais enfin , vous avez du talent... vous êtes dans votre genre ce que je suis dans le mien, nos deux réputations ne peuvrnt pas se nuire... et si vous aimez ma fille. . .

nanueuil. Ah! monsieur, si je l'aime!

JOUBLIN. Eh bien ! nous verrons.

nanteuil. Oui, monsieur, j’aime Louise; il y a deux heures vos paroles m’auraient combléde joie... mais jugez par mon refus, du sacrifice que je fais en renonçant à vous livrer mon tableau.

PÉLISSON , qui s’ ai avancé , à Nanteuil .

Quoi, monsieur Nanteuil , l’argent pour votre père, le bonheur pour vous-même , vous avez le courage de tout refuser!

nanteuil. Oui, je refuse tout, car je ne puis rien accepter sans commettre une mauvaiseaction!sans ridiculiser un honnête homme, sans me déshonorer moi-même. ..

{A Louise el à son père.) Savez-vous la personne que j ai si étourdicment invitée à monter à mon atelier ?... qui m'a comblé de honte quand jel offensais si cruellement?

(.Montrant P élisson.) C’est monsieur. . . c'est Pélissou...

LOUISE et JOUBLIN. Monsieur Pélisson!

JOUBLIN , citant son chapeau. Monsieur!

vous avez un beau nom ! je vous demande votre pratique...

pélisson , 4 Nanteuil. Vous êtes un estimable jeune homme!... ( Reprenant son air gai. a Joublin. j Eh bien ! monsieur,

puis qu’on vous refuse , moi je vous offre un tableau pareil à celui-ci , fait par un

JOUBLIN. Monsieur!...

Louise , à part. Oh! comme il est laid quand il parle!

pélisson. Et puisque monsieur a refusé la inain de votre fille... ( à Nanteuil) car vous la refusez ? je vous la demande.

JOUBLIN. Pour vous?

nanteuil. Qu'est-ce que vous dites donc, mon nouvel ami?

Louise. Mon père !... pélisson. C'est pour le graveur du cabinet du roi... quatre mille livres d'appointemens .. logement au Louvre.

JOUBLIN. Diable! diable!...

LOUISE. Et moi, je déclare que je n’en veux pas... quand il serait aussi beau...

pélisson. Que suis laid, n'est-ce pas?

Allons , c’est juste , chacun son tour... (A Nanteuil . y Vous avez refusé mademoiselle, et mademoiselle vous refuse. ..

nanteuil. Moi !

JOUBLIN et LOUISE. Lui !

PBLiaSON.

An de l’Êcu de six francs.

Sur le rapport que j’ai eu faire,

Sa majesté qui s’y connaît,

Vous nomme sou peintre ordinaire Et tous accorde le brevet De graveur de son cabinet.

De tems en terns dans notre France L’honnête homme se voit place',

Le mérite récompense ;

Mais... sans tirer à conséquence.

LOUISE. Ah ! monsieur , si papa veut le permettre , je vous embrasserai de bon cœur...

pélisson. Voilà une bonne fortune à laquelle je ne m’attendais pas ; c*est la première.

N WTEUIL , lui prenant tu main . C’est entre nous à la vie, à la mort.

pélisson. Je n’ai jamais compris l’amitié que comine ça.

Aie : Je n'ai pas vu ces bosquets de lauriers.

Jadis pour voir Fouqtict riche et brillant Les courtisans te livraient des batailles.

Je lui parlais, hélas ! bien rarement Quand il régnait au château de Versailles.

SANTICIL.

pélisson. Allons, jeune homme, songez ue la France attend maintenant de vous

e jolis portraits, de beaux tableaux, mais point de caricatures

A présent tju’il est sans pouvoir.

Et qu’on le tient enfermé sous la grille.

Je suis certain, s’en faisant un devoir.

Que Pélisson va plus souvent le voir, Depuis qn’il est à la Bastille.

ls Magasin théâtral.

joublin. La caricature a bien son mérite. . . on la rencontre partout.

Air de la Colonne .

ioou.ii.

Lite a «le» couleurs sans pareilles;

Par leur éclat ses traits sont embellis;

Sa vieille tante en a d’aussi vermeilles.

Car son parfumeur, à tout prix Lui fait uo teint de rose et de lis.

T.’anc tient tout de la nature,

L'autre tient tout de ses marchands.

L’une est le portrait du printems.

L'autre «n est la caricature.

ri Lissoir.

Tous les ans le jour où l’on ouvre Ce salon «rue tous admirer,

De tous cotes votre œil découvre Des grands hommes tout chamarres,

F.t «1rs ministres encadrés.

Mais devant toutes cc* figures,

Dans la fonlc on n’entend qu'au cri :

Àh! pour le portrait d'au Sully i Bon Dieu ! que de caricatures 1

VAAVBl'U..

Si je peignait celte vierge immortelle,

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