Mouvement du port de Macao
Totalité Tonnage Vapeurs. Tonnage. Juncos. Tonnage, des navires, total.
(D'après de Almada Negreiros. op. cit., p. Iti]
264 I.E PORTUGAL INSULAIRE ET (:or,ONIAL
Le pavillon portugais est très rare. La principale industrie est celle de la pêche, qui emploie environ 920 embarcations et 1.700 personnes. On trouve aussi quelques moulins à riz, des huileries, des filatures de coton, de petits ateliers de bimbeloterie.
Les principaux articles de commerce sont : l'opium cru, les fils et tissus de coton et de soie, les feux d'artifice [panc/tâes), le riz, le sucre, le thé, les bois à parfums, le tabac et le vin chinois [liu-pun).
Macao est, nous Tavons vu, port franc depuis 1895; mais, faute de communications régulières avec la métropole et étant donné que la plus grande partie du commerce de Macao est entre les mains des Chinois, les relations avec le royaume sont très restreintes : en 1899-1900, ces échanges se traduisent par 3.700. 000 et 6.900.000 reis (importations et exportations).
Pour y remédier, le gouvernement s'occupe de créer un service mensuel de navigation à vapeur entre Macao et les ports de Portugal, qui engloberait, en même temps, le district de Timor. Il convient aussi de mentionner les travaux projetés et même décidés par un décret ayant force de loi du 21 septembre 1904, en faveur du port de Macao et en vue surtout de le garantir contre l'ensablement V
A l'heure actuelle, deux dangers nouveaux menacent la prospérité de Macao. C'est d'abord un danger économique. Une conférence internationale, qui s'est tenue récemment îX Shanghaï, a adopté des conclusions excessivement radicales au sujet do la répression du commerce de Y opium. Si elles venaient à être mises en pratique, il en résulterait un grave préjudice pour Macao, qui retire des bénéfices importants de
\. Il somblo bien malheureusement que ce décret soit rcst6 lettre morte, j)uisqu'un récent trlégranimo du ministre de la Marine len date du 25 mai liJlt) vient de procéder d'urr/ence — d'après le Diario de \olicias de Lisbonne— aux travaux de drajçage du port, évalués à 70 contos d»; reis.
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ce commerce. Il est vrai que Macao peut compter en cette affaire — une fois n'est pas coulumc — sur le concours de Hong-kong, que menace le même danger et qui a déjà fait entendre des protestations.
Une autre cause d'alarme pour la population portugaise de Macao résulte de l'attitude à son égard du gouvernement chinois. Ce n'est qu'en 1878 que celui-ci s'est décidé à reconnaître — et encore de bien mauvaise grâce — la souveraineté portugaise, après une possession en fait de plus de trois siècles. La délimitation de frontières prévue par le traité du 13 décembre 1887 n'a pas été faite, et de nombreux incidents en sont déjà résultés. Ces dernières années encore, un bateau japonais qui transportait des armes fut saisi par les autorités chinoises dans les eaux portugaises. Probablement, la crainte de responsabilités (on était au lendemain de la mort tragique de Dom Carlos) empêcha le gouvernement de Lisbonne de protester, et la Chine en profita pour ne pas reconnaître les droits du Portugal sur les eaux territoriales de la colonie. Plus récemment encore, l'envoi d'un commissaire spécial chargé de procéder à la délimitation de frontièies fut cause de difficultés nouvelles avec les autorités du Céleste-Empire f février 1909). Le bruit courut môme un moment à Lisbonne qu'une escadre chinoise venait de bombarder Macao. La réalité est que l'agitation semble avoir gagné les populations chinoises du voisinage, et ceci peut faire craindre de nouveaux incidents.
Pour le moment, le fitatu quo persiste; la Chine ne reconnaît de droits au Portugal que sur le petit terrain où la ville mémo est bâtie, mais non pas sur les faubourgs; elle lui refuse toute extension de territoire et toute autorité sur les eaux et sur les îles. Voilà, il faut l'avouer, une conception singulière en matière de droit international ! C'est en vain que le Portugal propose de recourir à l'arbitrage : mais la Chine
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ne veut pas en entendre parler ; elle croit pouvoir demeurer dans l'indivision jusqu'à ce qu'elle puisse faire triompher son opinion. En attendant, elle paraît donner tous ses soins à son port de Siangtcheo ou Hong-Chau, situé à cinq milles à peine au nord de Macao, dont les travaux ont été inaug-urés avec pompe par le vice-roi de Canton, le 12 avril 1910, mais dont on ne saurait dire s'il constitue une tentative sérieuse destinée à concurrencer non seulement la colonie portugaise, mais aussi King-Kong, ou bien si la création de cette ville nouvelle ne répond qu'à une spéculation financière et n'est qu'un bluff pour donner le change aux Portugais et les intimider'...
Quoi qu'il en soit, si la situation vient à s'aggraver, il faut espérer que l'Etat lusitanien saura assurer avec ses seules forces sa domination sur ce point éloigné de son Empire, et qu'il n'en sera pas réduit à écouler le conseil que lui donnait, il y a peu de temps, le Morning Post de Londres, d'après lequel il n'y avait pas d'autre solution possible que la vente de cette possession à l'Angleterre !
La conservation de cette colonie mérite quelques sacrifices : la situation économique et financière de Macao, comme nous l'avons vu, est loin, en effet, d'être défavorable, et ses progrès seront plus rapides encore le jour où auront été construits le canal destiné à rendre ce port accessible, et aussi le chemin de fer de pénétration dont il est question, paraît-il, dans le traité en négociation avec la Chine.
1. Voir à ce sujet une intéressante correspondance de M. Edmond Rottach dans le Petit Temps du 16 février 1910. et deu.x articles de M. G. lirandào dans le Diai'io de Soticias des o et C juillet 1910.
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