L AGRICULTURE HI
cola de Abîmantes, et aussi quelques petites banques rurales à Vizeu, Vianna, Evora et Faro. Mais, partout ailleurs, les prêts atteignent des taux invraisemblables : de 27 p. 100 à Evora sur le marché libre, de 25 à Corinha et Vizeu, de 20 p. 100 à Villa-Real, Guarda, Lisbonne, Portalègre et Beja, de 75 p. 100 à Bragance ' ! Ni la Banque du Portugal, ni la fameuse Companhia do Credito Predial n'ont rendu de services dans ce domaine, et aucun des projets ayant en vue l'institution du crédit agricole — parmi lesquels il convient de mentionner surtout celui d'Oliveira Martins en 1887 — n'a pu être voté.
Nous verrons que le gouvernement provisoire de la République portugaise a profité de ses pouvoirs dictatoriaux pour réaliser, par voie de décret, cette importante réforme. Mais il est naturellement trop tôt pour juger de ses effets ^
D'ailleurs, la réforme des lois ne servirait à rien sans une modification profonde de la mentalité publique. Le grand problème qui se pose au Portugal — nous avons déjà eu l'occasion de le constater, à maintes reprises — est un problème à'èducation. Il importe, avant tout, que l'administration ait réellement en vue l'intérêt public et que le gouvernement cesse d'être la proie des politiciens. C'est ce que nous vei-rons mieux encore, en étudiant, dans un autre chapitre, la question agraire proprement dite, c'est-à-dire la situation créée par la mauvaise répartition de la propriété ^ .
Nous pourrons alors constater également que les pouvoirs
1. J. Relvas. loc. cil. Il ne s'agit peut-t'^tre là que (rexceptions. Mais le taux ordinaire n'est pas inférieur à 10 p. 100 : ce qui est encore excessif.