CHAPITRE V
I. Aperçu sur l'histoire maritime du Portugal. Le mouvement actuel des ports : la faible part du pavillon national.
II. Efforts faits en vue de venir en aide à la marine marchande.
Entreprises privilégiées et subventionnées. Discussion engagée à ce sujet.
La question des ports francs.
Le port de Lisbonne : son avenir possible. Le tourisme.
IIL La navigation intérieure.
Le cabotage.
Conclusion.
Le développement des côtes maritimes du Portugal sur plus de 1.000 kilomètres, sa situation géographique à Textrémité occidentale de l'Europe — qui en fait le point le plus rapproché de l'Amérique, — la facilité d'accès de ses ports, dont quelques-uns sont situées à l'embouchure de fleuves, comme le Douro, le Tage, le Guadiana, navigables sur une grande partie de leur parcours — et qui sont presque tous protégés naturellement contre Taction des courants aquatiques et la violence des vents*, la possession d'îles, telles que Madère, les Açores et le Cap Vert, escales
1. Pour ne parler que du Portugal « continental », ses trois ports principaux 6 de grande navigation » sont : Lisbonne, Porto et Leixôes,
Viennent ensuite, comme ports de « navigation au long cours », plus ou moins active : Setubal, Villa Real de Sanlo Antonio, Vianna do Cas-
naturelles pour les navires qui font route vers l'Afrique ou vers le Nouveau Continent, sans parler du caractère aventureux de ses habitants, suffisent à expliquer la grandeur de son histoire maritime et justifient l'importance exceptionnelle que ce pays occupe encore aujourd'hui dans la navigation internationale.
D'après une enquête faite, il y a quelques années, par le gouvernement allemand, sur le mouvement maritime des principaux pays, de 1888 a 1903, on voit que le Portugal est, de tous les États d'Europe, celui qui accuse la plus forte progression et que, dans le monde entier, il n'est dépassé à cet égard que par le Japon'.
Encore faut-il remarquer avec M. C. Roque da Costa "" qu'il ne paraît s'agir dans le tableau que nous publions en note, pour le Portugal, que de chiffres provisoires, puisqu'en 1905, le mouvement maritime de ce pays fut réellement de 14.797.931 tonnes de jaugeage : par suite, le pourcentage et l'augmentation relativement à 1888 n'est pas de 290 p. 100,
tello, Villa Nova de Portimào, Figueira da Foz, Aveiro, Faro. Olhào, Sines, Lagos et Caminha.
Sont seulement ports de « cabotage » : Espozende, Villa do Conde, San Martinho, Ericeira, Cezimbra, Villa Nova de Mil Fontes et Tavira.
Il y a, enfin, un grand nombre de petits ports de pèche, qu'il nous est impossible de citer ici.
Nous étudierons, dans une autre partie de ce livre, le mouvement maritime des ports principaux de Madère, des Açores et des différentes colonies portugaises. (Voir infra, p. 183 et suiv.)
i. Mouvement maritime des principaux pays :
(mille tonnes) Augmentation
1888 1905 en 1905
Angleterre 37.^49 48.332 30 p. 100
France 15.4^0 21.887 42 —
Etats-Unis 13.368 30.983 132 —
Espagne 11.974 15.769 32 —
Allemagne 9.442 19.130 103 —
Russie 7.413 11.375 53 —
Italie 7.373 12.722 73 —
Pays-Bas 5.336 U.7H 118 —
Belgique 4.913 11.615 136 —
Portugal 3.603 14.013 290 —
Japon 1.486 14.373 867 —