‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 63 sur 194 · IJ · texte numérisé non relu

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(D'après Adolpho Loureiro, dans Sota^ sobre Portugal, tome I, p. 748- 749.) A l'heure actuelle, la marine marchande portugaise (y compris celle des colonies) comprend 102 vapeurs, jaugeant ensemble 68.220 tonneau.x, et 538 voilii-r.s. il'uno jauge globale de 52.416 tonneaux.

Kn 1908, le mouvenienl de tous les ports portugais a été de 11.045 navires, jaugeant ensemble 19.354.967 tonnes, j'^n 1909. il a porté à l'enlrée sur 10.794 navires représentant un tonnage de 20.09l.8.')8 tonneaux.

Ici, il faut bien reconnaître que la marine marchande du Portugal est en pleine décadence. En 1864, il y avait encore 582 navires de commerce nationaux d'inscrits sur les registres officiels; en 1897, il n'y en a plus que 567, représentant un jaugeage total de 127.000 tonnes. Sur ces 567 bâtiments, 178 seulement (dont 44 à vapeur et 134 à voile) avaient un tonnage supérieur à 100 tonnes; il n'y en avait pas plus de 44 (dont 26 vapeurs), dont le tonnage dépassait 700 tonnes-!

Evidemment, la marine portugaise a eu à souffrir de circonstances qui échappent à la volonté du législateur : sans fer pour ses nouvelles constructions et sans charbon pour alimenter ses navires ", il lui était impossible de lutter conti-e la concurrence de pays mieux armés à cet égard.

Ce n'est pas, cependant, que les encouragements de l'Etat — sous forme de subventions ou de taxes différentielles et exclusives de navigation — lui aient fait défaut. Mais si cette protection lui a permis de conserver assez bien les lignes d'Afrique et des îles adjacentes, elle n'a pas suffi à développer ses services internationaux et à lui rendre son ancienne prospérité.

On jugera par quelques exemples des efforts dépensés à peu près en vain, depuis soixante ans, par les pouvoirs publics. En 1833 cl 1854, furent fondées la Companhia Liizo-Brazileira, dont les navires à vapeur devaient faire le service du Brésil, la Empreza Portuense de Navegaçao a vapOi\ la Companhia do Lloy Liisitano, la Companhia Luzo-Hamburgueza. D'autres, comme la Companhia Real Porlugueza de Navegaçao ou la Companhia Anglo-Luzitana n'arrivèrent pas même à se constituer.

1. En 1909, la marine marchande ne comptait dans la métropole que 58 vapeurs jaugeant ensemble 39.618 tonnes et 269 voiliers de 49.536 tonnes.

-. Le fer et le charbon ne font sans doute pas absolument défaut au Portugal, mais, ce qui revient au même, ces mines ne sont pas exploitées (voir supra, p. 121).

En 1838, apparut la Uniâo Mercantil, subventionnée par rÉtat pour le service d'Afrique ; en 1868, la célèbre Empreza Liizitana, également avec de très forts subsides du gouvernement.

En 1878, ce fut Tentreprise de Barâode Fonte Bella, pour la ligne des Açores; en 1873, ce furent la Coftipanhia Alliança Marltima et les compagnies Progressa Maritimo et Thetis à Porto, la Empreza Insulana de Navegaçao et la Empreza de Nacegaçào a Vapor à Lisbonne.

Enfin, en 1880, on voit surgir la Empreza Nacional de Navigaçao et plus tard, la Companhia Uniâo et quelques autres entreprises, comme celle de la maison Andreseti de Porto et la Mala Real Portiigueza.

La plupart de ces entreprises ont eu une brève existence. Il ne subsiste plus aujourd'hui, parmi celles de quelque importance, que la Empreza Nacional — dont la situation est assez prospère mais qui est insuffisante pour assurer les relations du Portugal avec ses colonies ^ — et la Empreza insulana, qui est au contraire dans un état assez précaire. Toutes deux jouissent de larges subventions de l'État.

A l'heure actuelle, en dépit de l'augmentation du mouvement maritime du Portugal, il n'y a guère plus du septième du tonnage, figurant dans les statistiques, qui représente la part du pavillon national !

Que faul-il conclure de là ? Il ne manque pas de pessimistes dans l'Etat lusitanien pour s'incliner devant les faits et pour quaUfier de fohe toute nouvelle tentative en vue de porter secours à la marine marchande. Sans fer, sans charbon et sans personnel technique, il manque à un pays les éléments nécessaires à l'installation do chantiers maritimes... Achèterat-on les navires tout fabriqués à l'étranger, mais il faudra

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