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LES ÎLES DU CAP VERT

Le développement économique de ces îles' n'a pas répondu

phie de Lisbonne, la Revista portugueza colonial e maritima, et une série d'ouvrages publiés — en français — à l'occasion de l'exposition de Paris de 11)00 : A. de Araujo, les Colonies portugaises d'Afrique ; Ribeiro, les missions religieuses aux colonies ; T. Carvallio, les communications maritimes et fluviales aux colonies. Enfin, sans parler de différentes autres sources qui seront citées au cours de cette étude, je mentionnerai spécialement, en dehors de l'ouvrage presque classique de ^l. Ernesto J. de G. e Vasconcellos, As colonias Portuguezas (2« édit., 1903), les livres très documentés en français de M. Almada Negreiros, notamment sur le Mozambique (1904), les Colonies portugaises (1907), et les récents mémoires de deux gouverneurs, A. Freire d'Andrade, Relatorios sobre Moçambique (4 tomes, Lourenço Marques, 1909) et H. de Paiva Couceiro, Angola (dos annos de governo junho 1901-junho 1909), Lisboa, 1910. Je dois enfin des remerclments particuliers à mon distingué ami, M. Ruy Ennes Ulrich, professeur de législation coloniale à l'Université de Coïrabra, dont les indications m'ont été précieuses pour cette partie de mon livre.

1. L'archipel situé à lo" de latitude nord, entre 25 et 3Û<> à l'ouest de Paris, comprend 14 îles ou îlots. Le premier groupe (Iles au-Vent) se compose des îles Saint-Antoine, Saint-Vincent, Santa-Luzia, îlots Branco el Razo, Saint-Nicolas, Boavista et Sal. Le deuxième groupe (lies- sous-le Vent) comprend les îles Sào-Thiago, Maio, Fogo et Brava, cette dernière accompagnée au Nord d'un certain nombre d'Ilots inhabités.

Les îles du Cap-Vert ont, dans leur ensemble, une superficie de 3.822,17 kilomètres carrés : la plus vaste, Sào-Thiago, a 928 kilomètres carrés. Cette dernière est également, de beaucoup, la plus peuplée. La population totale est évaluée à 148.000 habitants.

Climat. — De novembre à juillet, les alizés de nord-est rafraîchissent la température, qui est, en moyenne, de 23». D'août à octobre, on ressent l'influence dos pluies tropicales avec une moyenne de 26». C'est la saison du travail agricole intense, mais aussi de la dysenterie. De janvier à février, souffle le vent d'est, qui couvre tout de sa poussière sablonneuse : s'il n'apporte pas de troubles graves dans la santé de l'Européen, il est le fléau de l'agriculture.

Adminislralion. — Les îles du Cap Vert constituent une province, constituée d'un seul district. Le gouverneur est assisté d'un secrétaire général, d'un conseil de gouvernement, composé de hauts fonctionnaires, et d'un (conseil provincial, dont 2 membres sont élus sur 4. La capitale est

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à ce qu'on pouvait altendrede leur proximité de la métropole, de leur admirable situation maritime, qui en fait des escales naturelles entre l'Europe et l'Amérique, et de leur climat, plus salubre, en général, que celui des régions voisines d'Afrique. Tous ces avantages ne sont pas parvenus à compenser l'aridité du sol, par suite du manque d'arbres et de grande irrégularité des pluies qui en est la conséquence.

Ajoutons que l'apathie et l'inintelligence des indigènes, sans parler des trop nombreux troupeaux de chèvres qu'ils laissent vagabonder à leur guise, sont les meilleurs auxiliaires de ce déboisement.

Ceci explique l'aspect désolé de ces terres, « à l'exception de Santo-Antâo, Brava, Santa-Catharina, et quelques sites au fond des vallées et des autres îles, où de minces filets d'eau se traînent péniblement au ras du sol, et où d'incommensurables efforts ont abouti à la création de véritables petites oasis ' ».

Mais ces efforts restent isolés : en général, les gi'ands propriétaires ne cherchent guère à retirer de leurs domaines que ce qui est nécessaire à leurs besoins : ils se contentent de les affermer à l'année par petites parcelles ou d'en partager les produits avec des métayers. Les procédés de culture sont archaïques et rudimentaires : en 1898 — d'après le rapport

Praia. La colonie est divisée en 7 concelhos, subdivisés eux-mêmes en paroisses. Chaque concelho a un administrateur et un vice-administrateur, nommés par le gouverneur et une chambre municipale élue, de 3 ou 5 membres. La paroisse a une junte élue, dont le curé est président de droit, el un regidor nommé par le gouverneur. \ ces nombreux fonctionnaires il6 rien que pour le gouvernement général et les concelhos), il faut ajouter le secrétaire des finances, le tribunal provincial des comptes, l'ingénieur-directeur, 2 conducteurs de l"^" et 3 de 2'"» classe, ie service des douanes (Praia, Sào Vicente, Santo-Antaù), les juges des deux tribunaux (ressortissant à la cour de Lisbonne) du Vent et de Sous-le-Vent. L'évèque réside à Ribeira-Brava (Saù-Nicolau), où se trouve le séminaire. L'instruction primaire est assez ilévcloppée. La garnison est forte de :i4u hommes. 1. De Almada Negreiros, op. cit., p. 89.

d'un gouverneur — la charrue était parfaitement ignorée dans la province du Cap Vert : « certains grands propriétaires, déclare-t-il, en ont bien fait venir quelques-unes d'Europe, mais c'est pour les conserver à titre de curiosité, et non pour les employer à la culture des champs ».

Sur une surface de 3.822 kilomètres carrés, la partie cultivée de l'archipel, en 1875, atteignait à peine 303.150 hectares \ et il ne semble pas qu'elle ait beaucoup augmenté depuis.

L'irrégularité et l'insuffisance des pluies suffisent à expliquer la fréquence des crises économiques dans les îles du Cap Vert, sans parler d'autres cataclysmes exceptionnels, tels que les ravages causés par les sauterelles en 1902. Le gouvernement sest efforcé de conjurer le mal dans la mesure du possible, en exemptant des droits d'entrée les importations de mil et de riz, en autorisant l'exécution de travaux extraordinaires, en suspendant les exécutions fiscales pour non-paiement des contributions, en encourageant les souscriptions publiques faites au Portugal pour venir en aide aux malheureux habitants de l'archipel et en procédant lui-même, dans les îles, à des répartitions de secours.

Mais ce ne sont là, — on le comprend, — que des palliatifs. Ce qu'il faudrait, pour rendre de nouvelles crises impossibles, c'est, avant tout, développer' l'agriculture, au moyen de travaux d'irrigation et de reboisement. On trouve, f» la vérité, dans les archives portugaises, de nombreux documents attestant que les pouvoirs publics ne se sont pas désintéres-

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